Sexe des femmes

Ter­ri­ble pou­voir des femmes, qui est sex­uel. Ter­ri­ble pou­voir, qui n’est que sexuel.

Expérience

Imag­i­nons un groupe d’in­di­vidus au cerveau mal fait, pau­vre­ment cri­tiques et donc enclins à croire, surtout, par voie émo­tion­nelle, aux argu­ment d’au­torité, ici incar­nés dans un expéri­men­ta­teur. Ces indi­vidus ont droit à tout — con­fort, vie sex­uelle, diver­tisse­ment, drogue, soins, argent — à con­di­tion d’ad­met­tre que le soleil n’ex­iste pas. Une par­tie des indi­vidus va répéter qu’ ”il n’y a pas de soleil”. Elle sait que cette idée est con­tre-nature, mais elle part du principe que le men­songe ne portera pas à con­séquence. L’autre par­tie des indi­vidus préfère se taire — après tout, soleil il y a.
Deux­ième temps. Des argu­ments sont dévelop­pés par l’ex­péri­men­ta­teur prou­vant qu’il “sem­ble” y avoir un soleil et ceux qui croient qu’il n’y a pas de soleil sont favorisés par rap­ports aux con­tra­dicteurs. Plutôt que d’ad­met­tre qu’ils sont favorisés parce qu’ils se mentent, ceux qui se mentent ten­dront mécanique­ment à croire qu’ils sont favorisé parce qu’ils ont rai­son (loi de l’é­go).
Troisième et dernier temps: la seule chose qui s’op­pose au con­fort intel­lectuel des indi­vidus qui dans le groupe ont accep­té de croire que ce qui existe n’ex­iste pas sont les con­tra­dicteurs, soit le reste des indi­vidus. Pour que la vérité soit com­plète, ils devront être élim­inés.
Mais, tel n’é­tait ‑bien enten­du- pas le but de l’ex­péri­men­ta­teur.
Sou­venez-vous, il n’avait pas de but.

Contre les barbares

L’er­reur philosophique con­siste à imput­er des approches exis­ten­tielles occi­den­tales, dégénérées, ce qui en l’oc­cur­rence veut aus­si dire évoluées, à des pop­u­la­tions qui n’ont jamais réus­si à pénétr­er le champ de la ratio­nal­ité, nom­mé­ment, puisque c’est aujour­d’hui le prob­lème, les nat­ifs de l’Afrique. La lim­ite de leur action est la mort, il n’y en a pas d’autre. Ain­si, tant que nous ne bornerons pas leur ten­ta­tive d’aug­menter leurs chances exis­ten­tielles, par  ailleurs légitimes, par la mort (et non la seule men­ace de mort), telle qu’elle borne en effet leur action dans leur pays d’o­rig­ine, il n’y aura aucun arrêt aux ten­ta­tives de ces peu­ples exogènes de se propulser sur la scène mécan­isée des grands cen­tres de pro­duc­tions occi­den­taux, où tout ce qui ne met pas fin à l’ac­tion per­son­nelle est déjà bénéfice.

Poubelle européenne

Une ques­tion à se pos­er dès main­tenant, même pour les plus niais (ou les plus peureux) d’en­tre nous, ceux qui ont la reli­gion de l’E­tat, ver­balisent et incar­nent la pro­pa­gande destruc­trice des gou­ver­nants : où émi­grerons-nous lorsque nos pays seront habités par les pop­u­la­tions abru­ties, décervelées et sans-pro­jet du tiers-monde?

Silence-espace

Ver­tu du silence. De l’e­space aus­si, mais du silence. Con­jugués, c’est encore mieux, comme si cha­cun obte­nait toute sa mesure. Les villes. Ah, les villes! Peut-être dans l’his­toire, peut-être quand elles étaient villes des hommes, tapis­series vivantes, mobiles, par­lantes, chan­tantes, mais dans notre siè­cle nou­veau, réduites à des grandes machines ponc­tuées de lois de cir­cu­la­tion et de lois de lib­erté? Et je ne fais pas une apolo­gie de la nature. Il ne s’ag­it pas de chanter un retour, mais bien de pénétr­er dans un espace où les lim­ites du corps et de l’e­sprit sont ressen­ties autrement que comme des cara­paces qu’il faut sans cesse col­mater sous peine d’at­taques, de vio­ls, de défaite de l’intériorité.

Voyage 11

Affreux. Comme prévu. Non, pire. Cela n’é­tait pas prévis­i­ble. Que per­son­ne ne me dise que l’An­dalousie est plate. A la réflex­ion, per­son­ne ne me l’a jamais dit, mais l’im­age d’Epinal y est pour beau­coup: on voit des plages, des vagues, des ter­rass­es et on en con­clut que le pays est plat. Dès la pre­mière heure, au sor­tir de Rute, je monte. Petit col, mais raide. Puis un sec­ond, un troisième. La carte dis­ait vrai. Surtout les chiffres. Avec l’or­di­na­teur embar­qué plus moyen de s’en con­ter. Si la carte indique un som­met à 960 mètres, l’écran affiche ces 960 mètres au moment pré­cis où je passe devant le pan­neau: puer­to de Léon, 960 met­ros. Celui-ci est le dernier, mais je crois bien ne jamais l’at­tein­dre. Tout en mon­tant, je ne cesse de redescen­dre, de plan­er, de redescen­dre et de mon­ter encore: jamais le compte n’est bon. A 940 mètres, il est per­mis de rêver: “il n’en reste plus que 20!” Mais non, je perds des mètres: 938… 920… Ain­si de suite, plusieurs fois. Je pen­sais m’at­tabler chez José, au Marinero, dans mon quarti­er, à l’heure du menu. C’est raté. En fin de compte, je vois le pan­neau du col du Lion, je le touche, j’y suis, et la mer. Alors je descends sur 19 kilo­mètres, freinant à toutes forces, pour raboutir au cen­tre de Mala­ga où je com­mande une bouteille de rouge et de la paella.

Voyage 10

Sen­ti­ment de voir le bout. Un peu comme dans le jeu “à qui ver­ra le pre­mier la mer”. C’est d’ailleurs elle qui est au bout, à Mala­ga, mais il reste deux étapes encore, la sec­onde étant, si j’en crois la carte, red­outable, en ce qu’elle compte cinq à six cols, de faible alti­tude certes, huit cent, mille, neuf cent mètres, mais qui tout de même, addi­tion­nés, n’est-ce pas? Sans compter les 135 kilo­mètres de route… Et dans cet état d’e­sprit, j’ar­rive à Rute, où une aimable récep­tion­niste sué­doise me reçoit dans un hôtel sans clients, puis m’ac­com­pa­gne au bar après m’avoir ouvert la piscine, dans laque­lle, pré­cise-t-elle, per­son­ne n’a encore nagé cette année.

Voyage 9

A Mon­toro, pre­mière ville andalouse où je passe la nuit, je me rends au parc pen­dant les heures chaudes et m’in­stalle à côté d’une famille qui com­mande en ter­rasse des tass­es de thé; lesquelles con­ti­en­nent de petits escar­gots qu’elle aspire goulûment.

Egalité

Que l’on m’ex­plique ce qu’il faut penser d’une femme qui déclare, quelques heures après avoir été nom­mée min­istre de l’é­gal­ité par le chef de file du par­ti social­iste, qu’elle va défendre l’é­gal­ité sinon qu’elle est objec­tive­ment anti­dé­moc­rate et antilibérale?

La revanche du cuisinier mexicain

Emis­sion de cui­sine à la télévi­sion. For­mat court. La reporter que la chaîne dépêche s’en­tre­tient avec un Mex­i­cain de Madrid spé­cial­iste de la limande frite. En général, intimidé par le micro, le pro­fes­sion­nel annone. Ici, c’est le con­traire. Le Mex­i­cain prend le pou­voir: il joue, sur­joue, par­le et frit, jon­gle avec les poêles, les farines et l’huile, ébouil­lante, allume, coupe et découpe si bien et si vite que la reporter prend peur, bafouille et se tasse.