Trois jours d’un combat exigeant et vain suite à la réception d’une nouvelle recommandée de menaces du Ministère de la transition écologique-département de la surveillance des eaux. Lire les lois, les comprendre, les interpréter, rédiger l’argument, menacer à son tour. Le totalitarisme européen progresse: désormais entré dans sa phase de construction active il instrumentalise les frustrés. Ici un va-nu-pieds hippie, promu fonctionnaire, convaincu de son pouvoir et disposé à me pourrir la vie; ce que ne mesure pas Evola, démuni devant ce genre de menées administratives. Or, c’est lui qui vit sur le terrain, veut y rester, ne saisit pas ou ne saisit que vaguement que, selon les effets calculés de ma riposte (trois jours de tension intellectuelle pour organiser une opposition fondée en droit), la frustration de ces maffias augmentée d’autant, le Ministère pourrait s’en prendre à son droit de résidence, à terme le déloger.
Juillet
Village pris dans la chaleur. Le paysan et sa femme levés tôt puis invisibles. Le soir ils tirent des chaises dans la rue, se déchaussent, des cours, des caves les voisins accourent. Longtemps les voix résonnent. De la cuisine où j’essaie des recettes de sauces mexicaine et grecque j’entends la conversation: les feux de Castille près d’Ávila progressent, celui du parc d’Ordesa recule. Litres de bière couchés dans la glacière, la nuit commence.
Histoire
“On ne peut saisir les intérêts permanents derrière les actions des amis et des ennemis que par l’analyse et la compréhension du passé. C’est à l’époque où l’on découvrit la perspective dans la peinture que l’on reconnut également l’importance de la perspective historique”, Histoire de l’Europe, Renaissance, Eugen Weber.
Fraise
Chez le dentiste. Une femme. Plusieurs femmes. Un cabinet de femmes. Celle qui tient la fraise demande si j’ai peur. Car je coule. “Non, j’ai chaud”. Vingt-huit degrés, j’ai chaussé mon pantalon tactique, un polo boutonné au cou et des bottes militaires. Le jour, tous les jours, entre le cahier de notes, le jardin en feu et la réserve de bière, je me promène à demi-nu mais j’ai jugé qu’il fallait devant ces dames être présentable et s’habiller. Peut-être me suis-je trop habillé. A moins que j’aie peur.