Energumènes

Comptez encore une année de meurtres, de vio­ls, de dépré­da­tions, de lyn­chages et d’at­taques, tous effets de la bêtise des éner­gumènes d’im­por­ta­tion, et nous ver­rons les nationaux qui les ont soutenu et vivent avec eux dans les grandes villes trans­for­mées en zoos se retourn­er brusque­ment pour clamer qu’ils n’ont jamais été par­ti­sans de cet afflux. Il s’apercevront alors qu’ils sont enfer­més avec ces faux-amis et n’ont pas les clefs du zoo. A la libéra­tion, si libéra­tion il y a, je serai par­ti­san d’en­voy­er les Suiss­es qui ont soutenu les éner­gumènes en Afrique; les Français qui ont soutenu les éner­gumènes en Afrique; et les Hol­landais, les Alle­mands, les Espag­nols… en Afrique où ils oeu­vreront utile­ment à l’in­ser­tion des éner­gumènes dans leur pro­pre société.

Ghettos

Les Danois se don­nent vingt ans pour déman­tel­er les ghet­tos. On croirait un titre en une. C’est un titre en une. D’abord, nul n’a demandé leur avis aux Danois. Les déplace­ments de pop­u­la­tion ont été décidés par les gou­ver­nants sur ordre des instances supra­na­tionales, celles-ci répon­dant aux intérêts de quelques minorités pos­sé­dant le cap­i­tal néces­saire pour peser sur les poli­tiques nationales. Ensuite, il con­viendrait de dire que les Danois ont payé via l’im­pôt sur le revenu pen­dant vingt ans le fonc­tion­nar­i­at qui a créer ces ghet­tos et va donc pay­er vingt ans de plus afin de les déman­tel­er. Puis pré­cis­er que déman­tèle­ment est un mot-piège qui sig­ni­fie que les com­posants du ghet­to vont être dif­fusés dans la société débouchant sur l’ap­pari­tion de ghet­tos périphériques. Enfin, il faudrait pré­cis­er que si ghet­to il y a, c’est parce que les indi­vidus déplacés sont fon­da­men­tale­ment inca­pables de s’in­té­gr­er dans une société anti­tra­di­tion­nelle, donc en Dane­mark comme partout ailleurs en Europe, rai­son pour laque­lle par iner­tie, unique loi qui fixe leur sort, ils finis­sent par s’a­grouper en com­mu­nauté et recrèent un mode de vie prim­i­tif, celui-là même que la presse appelle ghet­to en espérant api­toy­er les con­tribu­teurs fiscaux.

Mèmes

Dis­posant pour un mois d’un accès payé à Net­flix, je cherche des films; j’en vois qua­tre — suf­fit; je passe aux séries. Peu ou prou le canevas est le même, amour, vengeance, jalousie. Et le rythme, alter­nance de scènes d’ac­tion et de dia­logues ; à la fin, ce sont les décors qui déter­mi­nent la caté­gorie: sci­ence-fic­tion, west­ern, thriller… Effet prob­a­ble de l’in­dus­tri­al­i­sa­tion et de l’écri­t­ure col­lec­tive. Le plus admirable dans cette offre de ciné­ma à la demande est la qual­ité tech­nique: la cir­cu­la­tion à tra­vers les images, l’en­clenche­ment automa­tique des suites, la mémori­sa­tion des goûts, la flu­id­ité, bref l’aspect logiciel

Essai sur le posthumanisme 3

Pas­sage tortueux de l’es­sai sur la cri­tique fonc­tion­nal­iste du Cog­i­to que pro­duisent à tour de bras les Améri­cains “philosophes de l’e­sprit” et leurs “expéri­ences de pen­sées” qui con­vo­quent “mar­tiens”, “cham­bres chi­nois­es”, “ordi­na­teurs formels” ou encore (chez Denett) cette “Marie qui ne voit pas les couleurs”. Ces gens-là — en réal­ité des religieux — se per­dent si bien dans leurs élu­cubra­tions qu’ils croient expéri­menter dans un lab­o­ra­toire sci­en­tifique, alors qu’ils creusent une métaphore. D’avoir tant lu les Médi­ta­tions de Descartes facilite l’ap­préhen­sion du prob­lème corps-esprit et dans le même temps pointe sur d’in­nom­brables pos­si­bil­ités d’in­ter­pré­ta­tion qui ren­dent la ques­tion plus com­plexe qu’il ne faut. Mon pro­pos était en l’oc­cur­rence de dénon­cer l’idéolo­gie matéri­al­iste qui sous-tend le dis­cours des Améri­cains et favorise indi­recte­ment la créa­tion de cet homme du futur, arte­factuel et décul­turé, que prône le posthu­man­isme. Si je débouche, je pour­rais alors mon­tr­er com­ment pour­rait s’opér­er à l’avenir, pour le mal­heur de l’hu­man­ité, la jonc­tion entre le néo-libéral­isme et cet homme-machine que veu­lent con­stru­ire les multi­na­tionales du numérique.

En chambre

Vole au-dessus de mon vis­age alors que je lis une pous­sière si grosse que je crois à un moustique.

Août 2

Le paysan me donne une laitue.
-On a mis dessus que de la bouse de vache.

Gide

Après plusieurs années, je reprends la lec­ture de Gide. L’élé­gance de la langue, la sobriété asso­ciée à la finesse des sen­ti­ments créé un effet rare de beauté. Ain­si dans La porte étroite: “Un soir que je m’at­tar­dais à lire, éten­du sur le gazon à l’om­bre d’un des grands hêtres pour­pres, séparé de l’al­lée aux fleurs sim­ple­ment par la haie de lau­ri­ers qui empêchait les regards, point les voix, j’en­tendis Alis­sa et mon oncle.”

Août

-J’ai enten­du kax­on­ner. L’épici­er? Un mar­di?
-Oui, me dit la paysan, demain le 15 août, c’est jour férié.
-Quelle fête?
-La vierge d’août.

Conscience

On en dit plus qu’on en sait mais on ne sait plus qu’on ne croit. Con­science n’est pas con­science de con­science. En ce sens, les arché­types uni­ver­saux de Jung n’ont peut-être rien de transin­di­vidu­el. Ils ne seraient que des for­ma­tions automatiques.

Admirations

Ces jours, me admi­ra­tions vont à: Saul Alvarez “El Cane­lo” (boxeur mex­i­cain), Alain Supi­ot (philosophe du droit français), Tom­my Robin­son (patri­ote anglais), Julian Assange (cyber­mil­i­tant aus­tralien), Thom Yorke (chanteur anglais) et Mike Horn (aven­turi­er sud-africain).