Aide aux criminels 2

Logés, nour­ris, soignés, impunes, et rac­com­pa­g­nés gra­tu­ite­ment en avion: ils reviendront.

Aide aux criminels

Une par­tie des romanichels roumains, infil­trés divaguant sur les ter­ri­toires des pays de tra­vail (dans ce cas la Suisse), vivant de rap­ine, de har­cèle­ment, de men­dic­ité et abu­sant pour le lit et la nour­ri­t­ure du sys­tème de sec­ours mis en place par l’E­tat ont été rap­a­triés ce jour aux frais de notre pays dans leur fief cen­tral de Cluj-Napoca.

Demain

Avant que cette merde, par voie aéri­enne, mandibu­laire, vaporeuse et irra­di­ante attaque notre cerveau, nos poumons res­pi­ra­toires et nos organes de vie sociale, je pen­sais, aucun espoir. Tout appa­rais­sait court-cir­cuité, com­pressé, accéléré par des règles aber­rantes de cir­cu­la­tion, au sol, sur l’eau ou dans les airs, choses et per­son­nes. De sorte que la lente et improb­a­ble recon­quête des esprits qui se pro­duit aujour­d’hui dans l’ur­gence, sous l’ef­fet des événe­ments, nous trou­ve aus­si pan­te­lants que dému­nis, inca­pables de tir­er prof­it des éner­gies vitales, toutes aspirées qu’elle sont par la sidéra­tion. Si à terme nous par­venons à sur­mon­ter par la grâce de la main invis­i­ble l’é­tat dans lequel nous avons été pré­cip­ités, il serait bien­heureux de repren­dre pos­ses­sion de l’e­space et du temps à la manière d’au­then­tiques vivants qui aiment la musique de l’e­sprit et l’as­cen­sion des corps

Limites

Un ani­mal supérieur, minus­cule, con­scient, encagé. Il n’a pas con­stru­it sa cage, il s’ag­it d’une con­di­tion ini­tiale. Il pro­gresse. Con­stam­ment, améliore ses pos­si­bil­ités. De survie, de vie, de con­fort, de plaisir. Une fois la col­lec­tiv­ité établie dans le plus sat­is­faisant des modus viven­di, le pro­grès, selon la loi naturelle de l’en­tropie, ralen­tit. Quelques mem­bres de l’e­spèce, les plus auda­cieux, lèvent alors les yeux sur la cage, mesurent son haut, son bas, sa géométrie et ses bar­reaux, pèsent et soupèsent le prob­lème. Et per­suadent les mem­bres le plus pas­sifs, les mieux sat­is­faits que, toutes réelles que soient ces lim­ites, elles peu­vent ou plutôt doivent être tran­scendées au motif que la nature ne dit pas le vrai: toute cage est un arbi­traire. Dès lors, l’ef­fort du groupe est réori­en­té: il tend à nier la con­di­tion ini­tiale. Ce qui demeure de la col­lec­tiv­ité après épuise­ment de l’ef­fort? Un vaste ensem­ble de cages vides.

Bonheur

Nous n’avons besoin que d’être heureux, ce qui peut s’obtenir en principe de n’im­porte quelle com­bi­na­toire judi­cieuse des élé­ments qui com­posent le réel. Encore faut-il qu’il demeure acces­si­ble et ne s’of­fre pas sous des formes trompeuses. Prob­lème évi­dent de nos sociétés de la défi­ance, de la lutte, de la névrose qui au pré­texte d’amen­er tout le groupe à un bon­heur moyen (motif com­mu­niste), prive l’homme de toute ini­tia­tive sin­gulière, surtout si elle est sim­ple et naturelle.

Interdits

“Seuls les actes essen­tiels”. Dans ces pays admirables de jeunesse d’Asie du sud-est (et d’ailleurs, mais je n’en ai pas fait l’ex­péri­ence récem­ment), inutile de pré­cis­er quels ils sont: manger, boire, dormir, par­ler, faire l’amour — ces actes suff­isent à éclair­er les vis­ages de ce sourire qui est le pro­pre de la vie réussie. Mais sous nos lat­i­tudes, dans nos sociétés poussées, com­plex­es, vieil­lis­santes donc frag­iles, l’essen­tiel est par déf­i­ni­tion le domaine de l’i­nas­sign­a­ble. Autant de nuances que d’in­térêts per­son­nels, de motifs don­nés aux actes que de car­ac­tères et d’in­di­vidus. L’inu­tile, le sec­ondaire voire l’ab­surde font ici par­tie de l’essen­tiel, en ce sens que tout empêche­ment suivi de ces actes pour­rait con­duire à l’ef­fon­drement psy­chologique. Sauf à détru­ire la qual­ité de notre étab­lisse­ment sur cette planète, quiconque pré­tend ramen­er durable­ment la pop­u­la­tion blanche à des traits de com­porte­ments ani­maux s’ap­par­ente à un liquidateur.

Mouvement 3

Mêmes mon­tagnes, immo­biles, mêmes per­son­nes, absentes. De la fumée sur les toits des immeubles-chalet. Un foy­er ou deux. Mai­gre, pous­sive. Elle monte en spi­rale dans le ciel froid. Nos journées sont con­stru­ites sans méth­ode, mais ont leur rythme: autour de dix heures, réveil et café, après quoi Gala écrit à ses amies dis­per­sées à tra­vers le monde tan­dis que je sai­sis ma tra­duc­tion espag­nole de H+. Plus tard, je fais des exer­ci­ces de force sous le sapin. L’élec­tricien (l’un des voisins) revient à bord de sa camion­nette. Il reste à l’in­térieur. Longtemps. L’après-midi, j’écris un livre qui se déroule ici, dans la mon­tagne et qui, naturelle­ment, est dépourvu de tout événe­ment, juste le temps et les jours, qui survi­en­nent et passent. A par­tir de dix-sept heures, j’or­gan­ise les bières: déplace­ment du frigidaire au con­géla­teur, con­som­ma­tion et recharge. Gala me rejoint pour les infor­ma­tions à la télévi­sion. Lorsqu’elle passe à la fic­tion, série ou film, je me couche.

Mémoire

Sous le présent, le passé; sous le passé, le passé. L’en­codage mémoriel est illim­ité. Est-ce que nous nous sou­venons de tout ce qui a été vécu, pen­sé, imag­iné? Oui. Et de ce qui a été vécu, pen­sé, imag­iné avant cette vie? Probablement.

Dématérialisation

H+ évoque le trans­fert du vivant sur le réseau-monde. C’é­tait sans imag­in­er qu’il se ferait dans la pré­cip­i­ta­tion menaçant de ce fait la sta­bil­ité de l’analogon.

Pénitence

Sans prière ni Dieu, con­traints de vivre comme des moines.