Au-dessus de l’Her­pouil­ly, dans un chalet couleur de miel, il y a trois dames, trois bien­faitri­ces qui dis­cu­tent un menu de fête, énon­cent des plats fab­uleux, tan­dis que je trem­ble de froid rincé dans la mon­tée par une pluie d’oc­to­bre. Je trem­ble si fort que mes mains qui por­tent le thé à mes lèvres le font débor­der. A la table du patron les femmes notent la troisième entrée: sauté de biche avec sa casoelette de chou braisé.

Repris pour la cinquième année L’été de Btorlgue, texte que je veux dérisoire et même comique . Eh bien il me pèse. J’ai de la peine. C’est un mur. Et quand je dis repren­dre, c’est trop: il me suf­fi­rait de cor­riger. Je n’y arrive pas. Est-ce parce que la matière a été tant de fois brassée? Cet après-midi, le front en sueur, j’ai aban­don­né. Le voir achevé me plairait. Au tiroir s’il le faut mais achevé. C’est peut-être le prob­lème. Il est der­rière moi. Cinq ans… Pour­tant, on ne peut décider de façon sûre qu’il ne trou­verait pas son lecteur. En même temps j’ accorde “qu’on peut en dire en principe qu’un texte écrit avec ent­hou­si­asme com­mu­ni­quera au lecteur quelque chose de cet enthousisame.”

- On pour­rait aller ici, ou là, ou encore là?
- On pour­rait décider qu’on est arrivé.

Femmes qui jouent aux femmes heureuses, le verbe haut et vril­lé, le geste hys­térique, occu­pant tout l’espace.

Les ani­ma­teurs de la colonie de vacances à laque­lle par­ticipent les enfants les envoient frap­per aux portes des maisons d’Astaffort, un bourg de quelque 3000 habi­tants. Con­signe leur est don­née de rap­porter une liste d’ob­jets et ils les rap­por­tent en effet: raque­tte, sou, mag­a­zine, pot de fleurs, ballon.

Cette bib­lio­thé­caire à qui je demande une ren­seigne­ment qu’elle n’a pas et dès lors qui me bat froid. Quelques jours passent pen­dant lesquels je redou­ble de préve­nance sans réus­sir à la défroiss­er, puis un après-midi elle se trou­ve à servir une cliente dans mon dos et se mon­tre vol­u­bile, pleine de con­nais­sances et de con­seils, tout cela à voix haute, pour que j’en­tende qui elle est. Le lende­main, elle a de nou­veau le sourire.

Une fois retranché du camps des social­istes ceux qui se désig­nent ain­si parce qu’ils prof­i­tent des largess­es de l’E­tat et ceux qui, pour faire car­rière poli­tique, tâchent de con­va­in­cre les précé­dents qu’ils admin­istrent cor­recte­ment leurs intérêts, qui reste-t-il?

Salle com­mu­nale de Gim­brède louée pour un mariage. Un cortège de voitures déboule. Femmes fagotées, enfants morveux. Con­cours de quads, beu­ver­ie. Hommes à torse nu beuglant, chi­ant, vom­is­sant. La vue de ce groupe de dégénérés pro­duit l’ef­froi. Très vite on pense: je partage avec eux. Pire : on m’oblige à partager, on me conçoit comme leur égal. La fête dure jusqu’au matin, le vil­lage se terre. Les plus malins, les plus lâch­es, se sont sou­vent les mêmes, ont découché et ne revien­dront que le lende­main, lorsque les bêtes se seront tues, les autres enfon­cent du papi­er dans leur oreilles. Plus tard dans la semaine les langues se délient. L’en­vie de meurtre est pal­pa­ble. Cha­cun fait état de son dégoût.
L’é­gal­ité des droits est une aber­ra­tion sans égal­ité des devoirs et la tolérance en la matière un accéléra­teur des vio­lences à venir.

Tel ami qui ne tra­vaille pas, sort peu, ne par­ticipe à rien, se dit social­iste. La plante d’in­térieur, si elle par­lait, approu­verait son jardinier.

Du repas des chas­seurs pris en sa com­pag­nie l’an dernier, à quelques mètres des maisons, sur place extérieure du vil­lage, M. dit cette année, comme nous l’in­vi­tons : “oh non, ce n’est plus de mon âge!“
L’an dernier elle avait qua­tre vingt treize ans .