A quand une église du Coronavirus? Car cette folie ressemble de plus en plus à une religion. Le terroriste Klaus Schwab pourrait finir sa carrière en antipape.
A‑valoir
Dans cette société soudain bloquée par les directives, chacun se tourne vers ses valeurs. Qui sont absentes. Ou plutôt, égales et disponibles, de ce fait inutiles pour juger et agir. Or, le constat est faux. La description n’est pas bonne. En réalité, c’est le contraire: si quelques uns ont pu bloquer aussi facilement la société c’est parce qu’il n’y avait plus depuis longtemps aucune valeur capable de déterminer les consciences. Les valeurs qui prétendument chapeautaient nos actions, soutenues à l’envi par les moyens de communication et stupidement revendiquées comme essentielles par les moins individués n’étaient que des valeurs industrielles travaillées pour les nécessités du moment. Nous vivons donc un moment historique. Il n’y a plus rien. Et il ne saurait aujourd’hui y avoir de valeurs, parce qu’il n’y en avait déjà plus avant l’épidémie (ce prétexte au délire politique). Cela est prometteur. A condition de le comprendre vite et de s’opposer à ceux qui mettent en scène, pour masquer le vide, un monde factice et de longue date programmé.
Boulevard
Journées molles dans l’arrière-boutique. Heureux de voir que bien des passants vont sans masques. Je fais de même, et partout. Dans la chambre, aucun désordre. Un ordre incompréhensible. J’ai rangé, et rangé encore, préparé et préparé encore et maintenant, je ne sais plus. Je ne sais plus distinguer entre ce qui va à la cave, à la poubelle ou chez les bonnes oeuvres, ce qui vient de Umag, les affaires de vélo pour finir la saison d’entraînement en Aragon et les affaires gardées depuis Fribourg, il y a six ans, qu’il faudrait rapatrier en Espagne. Dans une boutique russe j’achète un téléphone, puis deux. Séparément, j’achète des cartes à prépaiement. Avec les précautions d’un entomologiste, je travaille le corps de ces machines et j’échoue. Retourne chez le Russe du Simplon, une femme. Elle est allée chercher sa fille à la garderie, c’est son patron américain qui me répond. Il ne comprend pas: “Pourquoi, mais pourquoi est-ce que ça ne marche pas chez vous?”. Hypothèse: je vis dans un endroit spécial. Non, mais non, je suis à deux cent mètres de votre magasin-parloir, boulevard de Grancy. Il est pantois. En attendant, je viens d’acheter mon sixième téléphone en un mois (après l’arrestation en septembre dans le train de Olten qui m’a valut de perdre mon matériel) et rien ne marche. Assis sur le lit, je cherche ce que je pourrais faire. Lausanne. Peu de lumière. Pas de travail. Affichage à l’arrêt. Autorités délirantes. L’idiot en chef, Berset. Celui de Genève, Poggia. Ne savent pas. Dictent. Folie de toutes parts. Folie médiocre. Autointoxication. Croyance-résignation-faiblesse. Mamère dit: tu exagères!”, “tu es paranoïaque!”. “Viens te promener à Ouchy!” Moi, j’aimais bien Ouchy à l’époque de mon grand père, en 1976. Alors j’ouvre une bière, une autre bière, encore une bière et regarde des combats de MMA des chaînes UFC et Oktagon, Attila, Ferguson “El Cucui” et ce génie du Daghestan, Magomedovsharipov puis je réserve pour le lendemain une chambre pourrie (je la connais) dans l’hôtel plastique de Balaruc-les-Bains, le Brit-Hôtel, le long de la A7, ce qui veut dire que je prendrai la route au réveil, 1100 kilomètres pour atteindre Agrabuey.
Extra-terrestres
Ne plus consommer de viande. Sous-multiplier les têtes de bétail. Délire des écologistes habitant les villes. Pour qui roulent les camions, naviguent les cargos, volent les avions. Vaches, cochons, chèvres, animaux primitifs de nos territoires, à la fosse! Sinistre présage d’un programme général portant sur le réduction du nombre de vivants.
Nationalisme
Usage nauséabond du nationalisme par les autorités militaires thaïlandaises; depuis le début de l’épidémie, aucun cas d’infection n’est imputable aux natifs, le virus passe la frontière, ce sont des corps étrangers qui le transportent. Cible première, les immigrés birmans. Mais aussi, listés selon la provenance, chaque jour, par la presse, des Egyptiens, Koweitiens, Corréens, et à l’occasion (ici le pouvoir se montre prudent) des Européens.
Istrie (fin)
A Srvar et Umag, j’ai vécu l’acmé de mon projet de désenracinement calculé; tout ignorer du lieu, de la langue, ne connaître personne, manger une nourriture étrangère (plus qu’il n’y paraît), mais surtout, s’établir dans un appartement occidental. Ce qui veut dire? Un appartement bâti, équipé, décoré selon l’imaginaire des peuples de l’ancien est qui, à ce jour — comment leur en vouloir? — ont été incapables de dépasser l’image caricaturale qu’ils ont des Occidentaux. Concrètement, un univers télévisuel-capitaliste-kitsch vanté par l’industrie. Et donc, je me trouvais coupé de toutes mes déterminations. Cela ne pose pas de problème lorsque l’on est en action; par exemple on voyage, et si c’est pénible, à pied, à vélo, avec des sacs, des nuits courtes, des difficultés de frontières, c’est mieux. La pénibilité requérant et le corps et l’esprit, elle neutralise la sensation d’étrangeté. A demeure, ce n’est plus le cas. Se réfugier, dans un faux luxe, à moyenne distance, neuf cent kilomètres, est porteur quand l’amitié ou l’amour contribuent à faire de la cache un lieu choisi donc aimé — tel n’était pas le cas.
E70
Comme en octobre, lorsque je voyageais en flixbus, la douane croato-slovène de Dragonja est tenue par deux policiers. L’un somnole, l’autre vise nos papiers. Un vent léger fait pencher les roseaux du canal. Au-dessus du poste tournent des goélands. Je redémarre. Seul bruit à la ronde, le moteur. A Koper, traversée du port. Entre parcs de conteneurs et terrains vagues, nous empruntons de vastes giratoires au allures de soucoupes volantes. J’engage la Dodge sur l’autoroute de Trieste. Très vite, je fais à Gala: “il se passe quelque chose de pas normal”. Cinquante, cent kilomètres, nous sommes seuls. La radio ne dit rien. Le long de la quatre pistes pour Venise, des camions en épis, mais pas de voiture. Plus tard, nous faisons halte sur une aire. Le restoroute est ouvert. Une vendeuse y travaille. Une seule. En vitrine, sous la paroi de plexiglass anti-virus, six sandwich posés à distance les uns des autres. Nous regagnons le parking un expresso à la main. Une voiture de patrouille tourne autour de la Dodge. Elle s’en va. La suite du voyage se fait à 150 km/h. Du côté de Milan, quelques voitures. Elles doublent à 180 km/h. L’ambiance ne change qu’après Simplon-Dorf, sur la descente de Brig. Là, dans une station-service où j’achète de la Cardinal, on nous explique que depuis la veille les Italiens des régions Nord n’ont plus le droit d’utiliser leurs voitures.
Billiard (fin)
Réfugié en Croatie, c’est bien. Ici, les gens ont encore un peu de jugement. Ils ne s’affolent pas. Ils ont vécu. S’ils redoutent l’avenir c’est à la lumière du passé. Entre eux et eux-mêmes, pas de spectacle numérique, de show sanitaire, de délire politique. Seulement le temps se fait long. Un peu plus, je serais déprimé. Cela vaut pour tout le monde j’imagine: en avril, on nous enfermait. Six mois plus tard, nous sommes encore enfermés. Plus seulement à domicile, dans nos villes, dans nos rues. Moi qui me plaît à fustiger l’absurde social des Suisses, je suis obligé de le reconnaître: les Espagnols sont allés beaucoup plus loin. Le mondialiste Sanchez et le stalinien Iglesias imposent des conditions drastiques au peuple sur la foi d’un comité d’experts invisible (depuis le début de la maladie, les noms sont cachés et protégés — n’est-ce pas fou?). Donc, je ne sais plus où aller. Plus que faire. Continuer de regarder des parties de billard en attendant que Gala sorte de sa chambre (elle passe parfois dans le couloir) ou rentrer à Agrabuey. Soudain, c’est sassez. J’annonce que nous partirons le lendemain. Je prépare mon argent (il faut payer le loyer, la bière bue en terrasse et l’huile achetée au paysan, au total neuf cent francs), vais voir les sœurs, règle la note, puis me renfonce dans le canapé: dans douze heures, en voiture.