France

D’une époque où pré­valait le bon sens. Dans Les Mémoires de Mai­gret, Simenon écrit: “J’oc­cu­pais pro­vi­soire­ment à l’en­tresol, un ancien bureau du plus vieux style admin­is­tratif, pous­siéreux à souhait, avec des meubles en bois noir et un poêle à char­bon du mod­èle qu’on voit encore dans cer­taines gares de province.”

E‑nouvel-an

Set d’Amélie Lens le 31 décem­bre en direct du Kom­pass Klub de Ghent en Bel­gique: excel­lent! Encore mieux que la paru­tion Live devant l’Atomi­um, mais… dans un club fer­mé, avec relais via inter­net (Google, You Tube) pour les fans. Ceux-ci, du monde entier. En témoignent les com­men­taires sur le chat, écrits dans les langues de la planète. Excel­lent, donc cat­a­strophique: ini­ti­a­tion pro­gram­ma­tique des fans, dont je suis, à la sueur, au défoule­ment, la drogue, le plaisir, la ren­con­tre, la trans­gres­sion en ligne — équiv­a­lent à une dès-human­i­sa­tion. Fin des corps. Sépa­ra­tion. Fron­tières numériques comme il y a en tech­no, entre les sons, des silences-machine. Non-foule. Anti-rave 1990. Abo­li­tion de la Trance, de la psy-Goa, du break­beat, de la Jun­gle pro­fonde… Vic­toire du mes­sage à dis­tance. Du “gap”. Parousie indus­trielle: retour à l’ère des glacia­tions. Canal. Con­trôlé par l’ingénierie.

Manger

Il y a au vil­lage deux filles de dix ans. Elles sont grandes amies. L’une est ronde comme un bal­lon de plage. Sans cesse, elle mâche. Ces jours, elle a un nou­veau sys­tème, elle abaisse son masque hygiénique et, à la façon d’une man­geoire, le rem­plit de nour­ri­t­ure. L’autre gamine est fluette; même au goûter, elle ne touche à rien. Ses par­ents dés­espèrent. Le soir de nou­v­el-an, alors que les adultes se régalaient de saumon, de jam­bon et de côtes de bœuf, elle n’a grig­noté qu’une demi-patate.

Agrabuey

Le vil­lage est de glace. Rues lis­sées par le gel, pavés luisants, toits blan­chis. Les vis­i­teurs de Saragosse sont repar­tis. Fin de la fête. An neuf. Silence pro­fond. La route est fer­mée: depuis ven­dre­di le chas­se-neige ne déblaie plus le col. Au sor­tir de la nuit, je me main­tiens entre les draps, retar­dant mon lever — midi. Déje­une, puis retourne à mon roman picaresque. Mer­veilles des équili­bres naturels, en ce début d’après-midi, alors que je tire une chaise de teck sur la pelouse enneigée pour prof­iter du soleil pen­dant l’écri­t­ure, l’oiseau à poitrine orange pique le pain émi­et­té devant mon pied. Je sif­fle, il répond. Il sif­fle, je réponds. Sauf quand j’a­vance un chapitre tortueux. Car il faut alors un tan­ti­net de concentration.

Rappel

N’ou­blions pas: ce que l’on inter­dit ne prend forme réelle d’in­ter­dic­tion que pour autant que l’on s’y conforme.

Party

Et c’est encore peu dire: je me réjouis qu’il y ait des jeunes, au milieu de ce cloaque, pour avoir la témérité d’or­gan­is­er des raves tech­nos. Rien moins qu’une œuvre de salut publique. Qu’ils soient remerciés!

Glissement

Ils prirent fait et cause pour des gens con­nus qui avaient, du jour au lende­main, changé d’opin­ions et de comportement.

Dès-autointoxication

 N’ou­blions pas: nous allons mourir. Dés lors, il faut vivre.

19

Le cap sera franchi lorsque nous inter­dirons, au nom de la vérité, la lec­ture de 1984 de Georges Orwell.

Monstres

Cet acte médiocre qui est mon­tré vaut plus que cet acte excep­tion­nel qui est caché, d’où un engoue­ment général pour la monstration.