PPP (3)

Ici, dans les mon­tagnes espag­noles, des mil­i­taires armés con­trô­lent les noms, adress­es, numéros de télé­phone et domi­ciles légaux des skieurs qui font la queue devant les remonte-pentes. 

PPP (2)

Petit Per­son­nel de la Peur. Pas de mir­a­cle. Ces mil­i­taires et policiers, gar­di­ens et concierges, fonc­tion­naires de tout poil qui nous dis­aient “nous sommes au ser­vice du citoyen!”, en quelques mois se sont retournés pour aller se car­rer au pied des nou­veaux maîtres. 

PPP

Le soir, je rêve devant des cartes de géo­gra­phie. Maud­is la minorité qui a pris le con­trôle. Puis me ras­sure: ne rien croire de leurs mots, pass­er entre les mailles du filet, à pied, à vélo, en bus. 

A.D.

Amis, où je suis, il est 21h25. Dans à peine plus de deux heures, nous fêtons une nais­sance. Jésus, un isolé, un orig­i­nal. Un Juif en son désert, face au vide. Les rois con­fir­mants, la con­cep­tion immac­ulée, papa, maman en télé­pathie avec les ani­maux, fable et délire poli­tique des temps qui ont vu sur­gir cette fig­ure inat­ten­due et pas souhaitée. Le pou­voir — les pou­voirs — le liq­ui­da, endos­sa son mes­sage, le sub­ver­tit. Mais enfin, il s’é­tait soulevé. Dans une large mesure, il fut enten­du. Deux mil­lé­naires se sont écoulés. Ceci car nous allons, dès l’ex­tinc­tion des bou­gies fes­tives, vivre sur nos ter­ri­toire blancs l’an­née la plus cri­tique qu’ait con­nu la civil­i­sa­tion (il n’en est qu’une, la notre, occi­den­tale) depuis l’an­née 1932, soit à veille de l’in­tro­n­i­sa­tion du nou­veau chance­li­er d’Alle­magne. Qui com­man­da ce qu’on sait: l’ef­fon­drement mas­sif des valeurs. Aus­si, à l’im­age de l’homme en pagne de Judée, cet éner­gumène sur­gi de nulle part, cet éner­gumène par­ti seul au com­bat, cet homme qui avait com­pris ce que valait le Tem­ple, il faut se redire: volon­té et courage, courage et jusqu’au boutisme.

Agrabuey

Depuis hier, nous ne sommes plus que trois dans le quarti­er. Le paysan, sa femme, moi. Pour aver­tir de son pas­sage, le paysan frappe le bâton sur le pavé. Je sur­gis. Ou alors je sors sur mon seuil et guette la porte de sa mai­son. Ce matin, c’est à dire selon mon régime à midi, je racle ma gorge pour sig­naler que je suis tou­jours vivant. Le paysan porte un bon­net de laine, un pull-over, une veste. Il descend de l’église (con­damnée et fer­mée, mais qu’il entre­tient): “J’ai chaud”. ‑Mais oui, regarde-moi, je suis en T‑shirt! Après quoi il me par­le d’hu­mid­ité. Un moment pour com­pren­dre, D’ailleurs, je n’ai tou­jours pas com­pris… “Les pier­res, me dit-il, elle sont noires d’hu­mid­ité! Quoi? Le brouil­lard? Non, non, c’est dans l’air…”. Et ce soir, car nous nous efforçons de véri­fi­er deux fois le jour que tout va bien: “Et ça ne sèche pas! Le bout de la rue, vers l’église, il est mouil­lé. le soleil n’a rien fait. Bon, allez, à demain!”.

Nous

Moyens de la guerre actuelle de muta­tion du cap­i­tal vers le mod­èle com­mu­niste, détru­ire le débat, enclore les indi­vidus, réprimer les déviances (au-delà de celles adoubées par les lab­o­ra­toires du poli­tique­ment cor­rect pour par­a­siter les valeurs de civil­i­sa­tion). A cette fin, isol­er les por­teurs de l’e­sprit cri­tique. Ayant dit, l’af­faire est enten­due: je suis, nous sommes le virus.

Demain

 Noël (toute la journée).

Agrabuey

Achetez des maisons moyenâgeuses! En ce moment, ma chaudière se vide à rai­son d’un litre tous les qua­tre d’heure. Or, il fau­dra que je dorme. Demain au réveil j’au­rai les fesse mouillées.

Picaresque (2)

Tou­jours occupé à écrire La Table. Sans pré­cip­i­ta­tion ni sen­ti­ment de devoir. L’e­sprit est bon­homme, ce qui ne me ressem­ble pas. A vrai dire, je n’y pense qu’au moment d’ou­vrir sur la table l’un de ces grands cahiers de dessin chi­nois. Couché à l’hor­i­zon­tale, il per­met d’écrire de longues phras­es. Je fais cela au sty­lo, avec sur le côté un ordi­na­teur qui affiche des cartes car je n’ai aucune­ment en tête la géo­gra­phie du plateau Tolé­dan, lieu de l’ac­tion Cet après-midi, j’at­teignais à peu près la moitié du texte et tirais mon per­son­nage, l’ébéniste Paco dont la couille gauche a la taille d’un mel­on, d’une affaire dif­fi­cile: caché der­rière une pierre au milieu de la forêt, là où les bûcherons ont dressé leur camp, il lui fal­lait échap­per à leur vin­dicte. Or, Paco est lent, très lent. D’ailleurs il ne marche plus (le hand­i­cap de la couille), il rampe. 

Dernières nouvelles de la dictature

“Assez!”, écrivais-je. Ne suf­fit pas. “Folie” vaut mieux. Qui mon­tre ce que ces gens du con­trôle poli­tique ont en tête. Et qui à la faveur de la tem­pête appa­raît pour ce qu’il est: mon­strueux. Donc nou­veau pro­jet de loi en France, pro­posé il y a quelques heures par le pre­mier min­istre, de trac­er les mou­ve­ments des citoyens jusque dans la sphère privée, cela au motif d’un “état d’ur­gence” à l’avenir insti­tu­tion­nal­isé, cela sans besoin d’en pass­er par le par­lement. Autrement dit, ce qui restait du peu­ple, un sem­blant de représen­ta­tion, est ici nié. Extinc­tion des feux! Cha­cun chez soi!  Députés, représen­tés, ouste! Loin on vous dit! Voici con­fisqué le droit des corps et des esprits à être des sin­guliers, des non-choses. C’est enten­du, légale­ment. Bonne vieille méth­ode: la loi. Impres­sion­né, je relis trois fois la propo­si­tion de texte (Pro­jet de loi no 3714 insti­tu­ant un régime pérenne de ges­tion des urgences san­i­taires). Con­crète­ment, ces fac­to­tums du mon­di­al­isme veu­lent vous empêch­er de voy­ager, de faire l’amour, de con­clure des con­trats, de débat­tre avec vos amis, de voir vos enfants, ces fac­to­tums veu­lent vous empêch­er de vivre et de penser, de vous exprimer comme d’ex­primer vos jus. Piss­er? Vous avez besoin de piss­er? Sim­ple: il suf­fit de mon­tr­er son passe­port. “Mon­sieur, manque une case! Voyez, là! Elle n’est pas cochée. Vous com­prenez ce que cela sig­ni­fie? Vous n’êtes pas en ordre! D’ailleurs, pourquoi avez-vous quit­té votre domi­cile. Ce ne sont pas les heures légales de tra­vail que je sache? Oui, on est en France Mon­sieur, mais la France, ce n’est pas chez vous. Elle a un pro­prié­taire main­tenant. Ah, moi, ce que j’en pense… En atten­dant, mon­tez dans le four­gon! Com­ment? Ah, je ne sais pas Mon­sieur, faites dans votre culotte.” Peu après, j’ap­prends par Le Figaro (site inter­net, 21h30) que la propo­si­tion de loi serait retirée. Que s’est-il passé? Ingénierie? Coup  de semonce? Ou les imbé­ciles de la caste gou­verne­men­tale, tout excités de pou­voir se défaire un instant des prob­lèmes liés au chaos nation­al, ont pris d’al­lure les autres dirigeants inter­na­tionaux? Soudain, en coulisse, un télé­phone aura son­né. Un plus gradé les aura rap­pelé à l’or­dre: “atten­tion hein? on fait comme on a dit, per­son­ne ne grille les étapes. Allez, on va arranger ça… A demain!”?