Ici, dans les montagnes espagnoles, des militaires armés contrôlent les noms, adresses, numéros de téléphone et domiciles légaux des skieurs qui font la queue devant les remonte-pentes.
A.D.
Amis, où je suis, il est 21h25. Dans à peine plus de deux heures, nous fêtons une naissance. Jésus, un isolé, un original. Un Juif en son désert, face au vide. Les rois confirmants, la conception immaculée, papa, maman en télépathie avec les animaux, fable et délire politique des temps qui ont vu surgir cette figure inattendue et pas souhaitée. Le pouvoir — les pouvoirs — le liquida, endossa son message, le subvertit. Mais enfin, il s’était soulevé. Dans une large mesure, il fut entendu. Deux millénaires se sont écoulés. Ceci car nous allons, dès l’extinction des bougies festives, vivre sur nos territoire blancs l’année la plus critique qu’ait connu la civilisation (il n’en est qu’une, la notre, occidentale) depuis l’année 1932, soit à veille de l’intronisation du nouveau chancelier d’Allemagne. Qui commanda ce qu’on sait: l’effondrement massif des valeurs. Aussi, à l’image de l’homme en pagne de Judée, cet énergumène surgi de nulle part, cet énergumène parti seul au combat, cet homme qui avait compris ce que valait le Temple, il faut se redire: volonté et courage, courage et jusqu’au boutisme.
Agrabuey
Depuis hier, nous ne sommes plus que trois dans le quartier. Le paysan, sa femme, moi. Pour avertir de son passage, le paysan frappe le bâton sur le pavé. Je surgis. Ou alors je sors sur mon seuil et guette la porte de sa maison. Ce matin, c’est à dire selon mon régime à midi, je racle ma gorge pour signaler que je suis toujours vivant. Le paysan porte un bonnet de laine, un pull-over, une veste. Il descend de l’église (condamnée et fermée, mais qu’il entretient): “J’ai chaud”. ‑Mais oui, regarde-moi, je suis en T‑shirt! Après quoi il me parle d’humidité. Un moment pour comprendre, D’ailleurs, je n’ai toujours pas compris… “Les pierres, me dit-il, elle sont noires d’humidité! Quoi? Le brouillard? Non, non, c’est dans l’air…”. Et ce soir, car nous nous efforçons de vérifier deux fois le jour que tout va bien: “Et ça ne sèche pas! Le bout de la rue, vers l’église, il est mouillé. le soleil n’a rien fait. Bon, allez, à demain!”.
Nous
Moyens de la guerre actuelle de mutation du capital vers le modèle communiste, détruire le débat, enclore les individus, réprimer les déviances (au-delà de celles adoubées par les laboratoires du politiquement correct pour parasiter les valeurs de civilisation). A cette fin, isoler les porteurs de l’esprit critique. Ayant dit, l’affaire est entendue: je suis, nous sommes le virus.
Picaresque (2)
Toujours occupé à écrire La Table. Sans précipitation ni sentiment de devoir. L’esprit est bonhomme, ce qui ne me ressemble pas. A vrai dire, je n’y pense qu’au moment d’ouvrir sur la table l’un de ces grands cahiers de dessin chinois. Couché à l’horizontale, il permet d’écrire de longues phrases. Je fais cela au stylo, avec sur le côté un ordinateur qui affiche des cartes car je n’ai aucunement en tête la géographie du plateau Tolédan, lieu de l’action Cet après-midi, j’atteignais à peu près la moitié du texte et tirais mon personnage, l’ébéniste Paco dont la couille gauche a la taille d’un melon, d’une affaire difficile: caché derrière une pierre au milieu de la forêt, là où les bûcherons ont dressé leur camp, il lui fallait échapper à leur vindicte. Or, Paco est lent, très lent. D’ailleurs il ne marche plus (le handicap de la couille), il rampe.
Dernières nouvelles de la dictature
“Assez!”, écrivais-je. Ne suffit pas. “Folie” vaut mieux. Qui montre ce que ces gens du contrôle politique ont en tête. Et qui à la faveur de la tempête apparaît pour ce qu’il est: monstrueux. Donc nouveau projet de loi en France, proposé il y a quelques heures par le premier ministre, de tracer les mouvements des citoyens jusque dans la sphère privée, cela au motif d’un “état d’urgence” à l’avenir institutionnalisé, cela sans besoin d’en passer par le parlement. Autrement dit, ce qui restait du peuple, un semblant de représentation, est ici nié. Extinction des feux! Chacun chez soi! Députés, représentés, ouste! Loin on vous dit! Voici confisqué le droit des corps et des esprits à être des singuliers, des non-choses. C’est entendu, légalement. Bonne vieille méthode: la loi. Impressionné, je relis trois fois la proposition de texte (Projet de loi no 3714 instituant un régime pérenne de gestion des urgences sanitaires). Concrètement, ces factotums du mondialisme veulent vous empêcher de voyager, de faire l’amour, de conclure des contrats, de débattre avec vos amis, de voir vos enfants, ces factotums veulent vous empêcher de vivre et de penser, de vous exprimer comme d’exprimer vos jus. Pisser? Vous avez besoin de pisser? Simple: il suffit de montrer son passeport. “Monsieur, manque une case! Voyez, là! Elle n’est pas cochée. Vous comprenez ce que cela signifie? Vous n’êtes pas en ordre! D’ailleurs, pourquoi avez-vous quitté votre domicile. Ce ne sont pas les heures légales de travail que je sache? Oui, on est en France Monsieur, mais la France, ce n’est pas chez vous. Elle a un propriétaire maintenant. Ah, moi, ce que j’en pense… En attendant, montez dans le fourgon! Comment? Ah, je ne sais pas Monsieur, faites dans votre culotte.” Peu après, j’apprends par Le Figaro (site internet, 21h30) que la proposition de loi serait retirée. Que s’est-il passé? Ingénierie? Coup de semonce? Ou les imbéciles de la caste gouvernementale, tout excités de pouvoir se défaire un instant des problèmes liés au chaos national, ont pris d’allure les autres dirigeants internationaux? Soudain, en coulisse, un téléphone aura sonné. Un plus gradé les aura rappelé à l’ordre: “attention hein? on fait comme on a dit, personne ne grille les étapes. Allez, on va arranger ça… A demain!”?