Le maître en cet art, Klaus Schwab. Un médiocre qui jamais n’a obtenu d’aligner deux idées cohérentes (voire son texte The Great Reset) et sert de penseur — avec quelques homologues — à une coalition de prédateurs.
Grippe — 2022
La partie centrale du drame n’est pas jouée. Elle le sera en début d’année. Maintenant que les peuples ont prouvé avec docilité leur volonté de se couper du destin personnel et unique, le projet monstre va entrer dans sa phase coercitive. Les instigateurs, craintifs quoiqu’en en pense devant leur propre monstruosité, vont passer à l’exécution du plan.
Budapest 6
Ma belle-mère aime les bus et les trams. Ils circulent vite et bien, vous déposent ici et là, sont gratuits pour les aînés, avantage dont Monpère profite l’air content. N’en demeure pas moins, quand je dis “jamais je n’ai pris un bus de ville en Suisse!”, Monpère répond: “moi non plus”. Heureux principe que celui de tout faire à pied, car, je le vérifie dans Budapest, comme ma belle-mère m’entraîne en direction des monuments, administrations, supermarchés et restaurant à bords de trams et de bus, rien de plus ankylosant pour qui espère garder les idées claires que ce ballotement pendant de longues minutes de ces corps tièdes et silencieux, et désormais masqués. L’honnêteté oublie à ajouter que pour rejoindre une adresse où se trouve un service réputé meilleur il faut parcourir de grandes distances. Pas un service original, non! Une pâtisserie qui fait de meilleurs gâteaux ou un cordonnier qui répare moins cher. Cette façon d’aller chercher à deux heures de route ce que l’on imaginerait obtenir dans la rue même, je l’ai vécu à Mexico. Alors, nous allions en voiture (le métro n’était pas encore développé) et le plus souvent en convoi. Rapidement me venait l’envie d’abandonner. Quel plaisir à manger un gâteau qu’il faut aller acheter à 40 kilomètres?
Budapest 5
Innombrables Vietnamiens et Chinois, certains installés de longue date dans la capitale au nom de la collaboration avec les pays frères. Au marché Lehel, les Hongrois vendent légumes, graines, viandes et charcuterie, mais ils ont été exclusdu commerce des biens manufacturés, pratiquement la même camelote dérivée du pétrole que l’Empire industriel déverse sur toute l’Europe. La nouvelle offensive des Jaunes porte sur les services: coiffeurs, esthéticiennes, salons à toutous (même les pays pauvres sont frappés de cet engouement pour les chiens de laboratoire).
Budapest 4
Les brasseries sont d’influence viennoise. Quelques unes sont anciennes, d’autres le prétendent. L’atmosphère est la même: feutrée, personnelle. Un habitué des restaurants suisses, italiens, a fortiori espagnols, hésite à pousser la porte. De la rue, l’intérieur est sous-exposé. Les jalousies sont tirées, il y a des rideaux, sur les garnitures de radiateurs des plantes en pots . En salle, un buffet, parfois un vaisselier ou une horloge. Au sol des tapis, contre les parois boisées des peintures. Le garçon qui vous accueille n’a peut-être jamais entendu parler de rentabilité. Vous entrez parce que vous avez l’envie de manger. Il vous fait asseoir, lentement, propose la carte avec modestie: “avez-vous seulement envie de vous reposer?” semble-t-il demander. D’ailleurs, il n’y a pas d’horaire. Le service est en continu. Un club de tricoteuses boit le thé, vous découpez une viande. Ces sensations sont encore plus vives ces jours où la consommation est en berne, les touristes absents.
Budapest 3
Ambiance vieillotte façon film de guerre en noir et blanc. Les citadins de notre Occident lumineux oublient à quel point ce flot de lumière commercial était parcimonieux il y a encore quelques décennies. Aussitôt quitté l’abord des points de trafic et de vente, les quartiers résidentiels communiquent un sentiment d’intimité, de quant-à-soi et de torpeur. Sous les façades ombreuses, des échoppes minuscules tenues par des hommes des femmes en manteau, en bonnet. Plus loin une boulangerie. L’étalage des pains est éclairé par une seul ampoule. Dans les demi sous-sols toutes formes d’activités, gymnase, pédicure, notaires visibles pour le passant à travers des impostes. Des libraires d’occasion aussi. Longtemps que je n’en voyais pas. Chacun sait qu’il faut chez nous se munir d’une adresse voire prendre rendez-vous pour avoir accès aux vieux livres. Or ici, les gens lisent. Chaque fois qu’il aperçoit une librairie, Monpère entre. “Avez-vous des livres en français?”. Hélas, ce temps-là semble révolu. La langue des Magyars s’est refermée sur son peuple: l’apprentissage des langues de culture, comme ailleurs dans le monde, a disparu avec la génération née au début du siècle.
Budapest
Appartement dans le district IV à deux pas du marché Lehel Csarnok. Il appartenait aux parents hongrois de ma belle-mère. Elle y est née, elle y a grandi. Dans les dernières années du régime communiste, l’Etat a autorisé les locataires à racheter leur logement. Prix: dix mille francs (pour une surface de quelques 70 m²). Tout branle et sent son rafistolage, mais dans ces conditions, bien des Suisses s’en contenteraient. Monpère et sa femme ont acheté plus loin, dans le quartier juif, entre les rues Balzac, Hugo et Raoul Wallenberg. Rues proches du quartier touristique et du Danube, lorsque je m’y suis promené en 2017, elles étaient clames mais demandées. Plus loin, c’était la cohue. Pour ce qui est du château, de la forteresse et du palais, de l’ensemble des monuments historiques d’ailleurs, ceux qui sont situés en face, sur la colline, à Buda (nous sommes ici à Pest), la foule y était si dense, que la visite relevait de la lutte. Tout cela est fini. On entend voler les oiseaux, chuinter les bus, divaguer les ivrognes. Budapest est à l’arrêt. Ses habitant authentiques aussi, plombés par une inflation sur les denrées premières qui découragent les meilleurs. Là où des milliers de visiteurs déversés du monde entier (beaucoup de Chinois) arpentaient, consommaient, mangeaient, fêtaient, on ne voit plus que des jeunes employés reclus au fond des boutiques, bars et cafés qui tuent le temps en jouant sur leur téléphone.