Le relativisme culturel est un danger majeur pour nos société libres. En plaçant sur le même plan des valeurs incompatibles il signe, contre la morale d’abord, contre la loi ensuite, le retour en force des règles. Or celles ci forment l’appareil des pouvoirs gestionnaires et sont par nature indiscutables.
Squat
Evacuation du squat de Can Vies dans le quartier de la gare de Sants à Barcelone. Des émeutes sont en cours. Insupportable politique de l’Etat. Il veut subventionner, paterner, embarricader et réclame en outre les applaudissements. Que la vie échappe à son contrôle, il se cabre et fait donner les forces de l’ordre. Mais cette fois les habitants ont rejoint les militants. Ensemble, ils ont bouté le feu aux bulldozers qui entreprenaient de démolir la bâtiment occupé. Quand on pense qu’un quart des logements d’Espagne sont vides ou à l’abandon.
Deux meubles
Tout à l’heure je tombe sur des plans de meubles réalisés dans les années 1990. Parmi ceux-ci, le lit double-simple. Monté sur rails, il permettait de joindre les deux matelas pour les moments d’intimité, puis, au moment du sommeil, de produire la séparation par glissement sans besoin de se relever. Cet autre, inabouti: un écritoire coulissant afin d’écrire ou lire confortablement sans quitter son lit ni avoir a disposer à nouveau ses affaires. C’était une sorte de table en forme de pont passant au-dessus de l’édredon et qui, le travail fini, retournait se loger au bas du lit, au-dessus des pieds.
Jalousie
La jalousie est un malheur. L’autre est ce que je ne suis pas. Que je le regarde et le fiel coule dans mon corps, pourrit mes moelles. A la longue, l’état devient chronique. Mes volontés se noient. Je deviens un être impersonnel, aliéné. Ici n’a de valeur que l’anarchie. Peu importe les autres. Qu’ils aillent dans leur direction et n’interrompent pas la mienne.
Feux de la rampe
Celui qui écrit sans peine bientôt ne se donne plus la peine d’écrire. Affirmant cela je pense à un auteur dont le premier livre m’a fasciné. J’allais partout et vantais ses mérites, je ne manquais pas une occasion d’engager à sa lecture. A Paris je connus l’auteur. Sa personnalité me déçut agréablement. C’était un homme joyeux, sans envergure ni morale, loin de toute recherche, désinvolte, opportuniste. C’est lorsqu’on entrevoit ce qu’on veut sans le pouvoir que les énergies affluent. Alors sont réunies les conditions pour faire l’œuvre. Celui qui écrit, peint ou compose sans peine et avec l’air de se jouer est loin de cette fois du créateur. Je ne pouvais me douter de quoi que ce soit avant que ne paraissent de cet auteur de nouveaux titres. Or, ce que j’avais réussit à son contact se vérifia: à grands renforts de sourire, ils se poussait sous les feux de la rampe.