Agrabuey-vie

Journées étranges. Le monde s’écroule. Au vil­lage, il fait chaud, je nour­ris les hiron­delles, me tiens à l’in­térieur. Au bout de mes réserves, je me résigne, envis­age pour le lende­main une descente en ville,  les cen­tres de nour­ri­t­ure sont à dix-huit kilo­mètres et je prévois, je m’in­quiète, dors mal, ne sachant pas, ne sachant plus, dégoûté, car j’ai peu envie de voir ce qu’il se passe, cette merde de pro­lé­tari­sa­tion, progéni­ture et vieil­lards masqués-abrutis, Tch­er­nobyl. En même temps il faut, je dois,  manger. Puis j’ai com­mandé une fois encore mes 100 litres de bière Skol chez AltoN­avar­ra et auprès de Madame Arto les pilules qui ralen­tis­sent (aug­mentent — pas com­pris) le cœur. Donc je vais, sors ce matin la voiture du hangar munic­i­pal, monte le col, descends en ville, demande ce qu’il me faut, à la phar­ma­cie d’abord, au super­marché ensuite où se tient, der­rière la caisse, masquée, cette belle femme, au car­ac­tère andalou, de yeux blancs immenses. Dès que nous nous apercevons l’un l’autre, nos mains s’agi­tent: com­ment, com­ment procéder? De retour dans la mai­son, je recopie mon dernier livre, OM, ne dors pas la sieste, pas aujour­d’hui, j’ai avalé un steak. Le soir je vais au bar d’A­grabuey où se tien­nent  les voisins, leurs enfants, une ving­taine, courent dans la nuit pour une par­tie de zom­bies, et pré­sumant que je suis fort, comme ils me pro­posent de les retrou­ver le lende­main, moi à vélo, eux iront en voiture, au refuge mil­i­taire, une ascen­sion de 20 km sur chemin empier­ré, je pose ma chope de Mahou, je dis, “pourquoi pas?”.

Bifurcation

Toutes sortes de per­son­nes vous pla­cent dans des cir­cuits de puis­sance pour capter votre atten­tion; cette atten­tion cap­tée vous déviez de ce que vous êtes.

Abyme

Un nom­bre gran­dis­sant de lut­teurs négroïdes en cham­pi­onnat UFC pren­nent le départ du pre­mier round en posi­tion de chim­panzé afin de stig­ma­tis­er le regard blanc sur la race.

Actuel

Pour être libre, il suf­fit lorsque l’on cherche à nier votre per­son­nal­ité de dire “non”; lorsque le néga­teur fait val­oir la règle, la loi, le droit, de répéter ce “non” ; et de le con­firmer lorsque tombe la men­ace de prison, la prison n’é­tant jamais que le lieu créé par une poignée d’in­di­vidus qui ont par­ié sur le fait que nul n’oserait dire “non”.

Défaite des meilleurs

Clef du prob­lème l’ar­gent. Le pro­grès vers le bien est fondé sur la néga­tion de Dieu. Le mal sur la pro­mo­tion de l’ar­gent comme Dieu.

Vous-moi

Isolé et sans défense, tan­dis que ray­onne le pou­voir neuf.

Logique floue

Tout est plus sim­ple que le reste.

Notre vie

Née du réel, sim­ple pos­si­ble, remède spon­tané à la souf­france, la fic­tion désor­mais toute puis­sante mod­i­fie le réel, est le réel.

Vérité

A quel point la fran­chise éclaire les vis­ages, rend les hommes beaux, rend humains les hommes.

Liquidation du vivant 2

A Berlin, une man­i­fes­ta­tion de dizaines de mil­liers de per­son­nes con­tre la main­mise poli­tique sur le peu­ple au pré­texte de l’épidémie.