Pour un ami, recherche de logements ici, dans le village. Situation aberrante: ce qui est vide et n’est pas loué pour les vacances, n’est pas loué sur le long terme les propriétaires (je viens d’avoir une voisine au bout du fil) craignant l’effet de la loi de défense des locataires laquelle bloque toute expulsion, y compris en cas de non-paiement, y compris en cas d’insolvabilité, blocage d’autant plus redouté qu’il est infini. Cette voisine maintient vide sa maison rénovée (en appartements incommuniqués, ce qui hypothèque d’emblée la vente) comme des milliers de propriétaires des environs ayant profité de la manne européenne des années 1990. Aujourd’hui désargentés, ils souhaitent vendre, ne vendent pas, s’acquittent des mensualités de l’emprunt bancaire alors que les banques, tout en passant sur des comptes occultes (à valeur nulle) des millions d’hectares de bâtiments neufs vides (dont 80 aéroports) produits grâce à la même manne des années 1990 et revenus dans leur escarcelle après faillite prospectent des terrains, les achètent et font construire des villas mitoyennes — qui à leur tour demeurent vides faute de preneurs.
An zéro
A‑t-on jamais envisagé cette idée que Jésus, comme toutes personnalités d’exception, après avoir attiré à lui les disciples par une surenchère de paroles sages, d’actes bons et de soins et de miracles, ne trouvant plus ressources, forces, énergies pour se recréer, choisit comme moyen d’exhausser absolument son personnage la mort?
De amico
Ici, dans Agrabuey, j’ai atteint l’équilibre parfait. Je connais tout le monde, tout le monde me connaît. Mais je demeure mal situé, demi-anonyme, imprescriptible. Les voisins m’entretiennent, je les entretiens. De paroles d’abord, de bonne humeur ensuite. Cela à mesure et avec modestie. Parfois un surplus de générosité: alors j’invite à la maison, je cuisine, mais pour l’essentiel, je ne vais pas plus loin, ne me mêle pas de savoir ce qui pourrait être su, ne concurrence pas dans la course à l’argent ni dans l’apparence ou le somptuaire. Précisons ma facilité: je ne compte pas sur le village pour vivre, la finance vient d’ailleurs. J’ai la position la meilleure, celle qui vaut la paix, une participation amicale.
Musique
A laquelle bien sûr je ne connais rien; je sais cependant pour le genre qui m’intéresse, celui de la gradation dans le bruit et la peur et la violence, celui du cri et du refus, qu’il ne faut jamais d’intro. Pourquoi chercher à croire que l’on joue de la musique lorsqu’on déchaîne des énergies ? Architecture idéale des titres: au ciseau.
Grippe 2020–21
Première chose à faire, débarrasser le raisonnement du terme “virus”. Ensuite considérer nos villes, nos rues, nos écoles, nos lieux de plaisir et de travail. Le schéma civilisationnel est en butte à la destruction. L’arme ancienne dont la caste abuse ne suffit pas à produire l’effondrement ! La déportation d’énergumènes obscurs vers le centre ne suffit pas! Programme nihiliste et violent et délétère mais trop hasardeux pour les vampires! Les vampires s’impatient, ils réclament du sang! En coulisse, ils hurlent: à quand la succion légitime de l’inférieur et du moyen? Assez, ils se ruent. 2019, la frénésie l’emporte, le programme s’emballe. Les personnages de la curée donnent de la manivelle. Et résolument! Géniaux, ils sont fiers de leurs programme volontariste, le vampirisme. Idiot, le peuple est fier de son caractère atavique, l’idiotie. Peuple qui révère. Qui fait confiance. Domestiqué par cinquante mauvaises années de démocratie, le peuple résiste mal. Proteste à peine. Fait plus: ayant perdu en un tournemain ses acquis, il se met à genoux devant la Science et demande pleurnichard si la génuflexion lui vaudra de garder son corps. “Oui! Oh oui, faites confiance!”. Alors le peuple se remet à “croire “. Peuple : “il n’y a pas d’épidémie, mais une guerre “. La guerre des géniaux contre les idiots! Et à la fin — déjà proche — l’intégration de nos personnes, de nos possessions, de nos désirs, de nos émotions, de tout ce qui vaut la peine d’être vécu, dans des dispositifs d’efficacité.
Grippe 2020
Konrad Lorenz, sur le “behaviorism” et la tendance à réduire les études psychologiques à la certitude de la “réflexologie” (in, Les huit pêché capitaux de notre civilisation, La Contagion de l’endoctrinement, 1973): “Les hommes au pouvoir en Amérique, en Chine ou en Union soviétique, sont aujourd’hui unanimes à penser que la capacité illimitée de l’homme à être conditionné est extrêmement désirable. Leur croyance à la doctrine pseudo-démocratique, est (comme l’affirme Wylie) portée par le désir qu’elle soit vraie. Car ces manipulateurs ne sont pas du tout des surhommes, doués d’un intelligence satanique, mais plutôt les victimes trop humaines de leur propre dogme inhumain. Cette doctrine fait apparaître ce qui est spécifiquement humain comme indésirable et tous les phénomènes propres à dégrader l’humanité, que nous venons de décrire, comme extrêmement avantageux, car ils permettent une meilleure manipulation des masses. “Maudit soit l’individualisme”, voilà le mot d’ordre. [] La croyance erronée que l’on puisse absolument tout exiger et tout faire de l’homme, soumis à un bon conditionnement, est à la racine des nombreux pêchés mortels que l’humanité civilisée commet, non seulement contre la nature, mais encore contre sa propre nature et contre l’humanité. Lorsque l’idéologie mondiale et la politique qui en découlent sont fondées sur le mensonge, il faut s’attendre aux pires conséquences. La doctrine pseudo-démocratique porte une large part de responsabilités dans l’effondrement de la culture et de la morale qui menacent les Etats-Unis et qui risque d’entraîner dans sa chute le monde occidental tout entier.”