Zarautz 2

L’employée chili­enne explique com­ment ouvrir la porte-fenêtre du bal­con. Elle lit le mode d’emploi affiché sur le côté de mur, pousse et tire, perd ses forces. Je prends le relais. J’ou­vre, nous ne pou­vons refer­mer. Elle appelle l’a­gence. Qui explique. A grand peine, nous fer­mons. Demi-heure plus tard, j’ou­vre: la porte se coince. J’in­siste. Gala insiste. Pas moyen. Nous appelons l’a­gence. Ils envoient quelqu’un. Un type demande la per­mis­sion d’en­tr­er, il entre, il théorise, s’es­saie sur la porte, mon­tre, démon­tre. Et repart. Un heure plus tard la porte-fenêtre men­ace de s’écrouler, elle est ouverte, nous n’osons plus pouss­er ni tir­er et il fait froid. Gala se plaint. Chauffage au max­i­mum, bruit de ven­ti­la­tion. Derniers ouvri­ers sur le départ. Nous rap­pelons l’a­gence. Les heures de bureaux sont dépassées, l’a­gence est fer­mée. Alors le numéro de sec­ours. Ils envoient quelqu’un. Même gars que la fois précé­dente. Vis­i­ble­ment excédé. Comme a fait la Chili­enne, il lit le mode d’emploi sur le côté de mur, résume les gestes l’un après l’autre, nous demande de le filmer, se lance: il fait, fait encore, c’est ouvert, puis défait et re-défait, c’est fer­mé. A notre tour. J’y arrive plus ou moins. Pré­cisons: avec son aide. Avant de s’en aller il aver­tit: je ne viendrai pas une troisième fois. Mais il se veut ras­sur­ant: “nous vous avons envoyé une vidéo qui détaille les gestes d’ou­ver­ture et de fer­me­ture, voilà, bon­soir!”. Je n’ose plus touch­er à la porte seule­ment voilà: mon surf est sur le bal­con. J’ou­vre, la porte se bloque.