Myanmar 16

La douane mar­itime est instal­lée sur un ilôt de la baie de Kawthaung. Le “long-tail boat” s’im­mo­bilise le long d’une jetée de bois. Munis de jumelles, les mil­i­taires thaïs inspectent marchan­dis­es et pas­sagers. Aux deux bir­manes avec qui nous parta­geons le pas­sage, je demande com­bi­en de temps elles peu­vent rester hors du pays. “Oui. Non. Oui-oui. Com­ment?” Et des rires. Puis l’on repart en direc­tion de Ranong. Je recon­nais le débar­cadère lépreux où je suis resté blo­qué il y a huit ans avec Gala, la fron­tière ter­restre étant alors inter­dite. Mais peut-être était-ce il y a dix ans, après la tem­pête Nar­guis (deux cent mille morts), époque à laque­lle la junte, red­outant que l’en­ne­mi étranger ne se serve du pré­texte de l’aide human­i­taire pour envahir le pays, redou­blait de vig­i­lance surt les postes avancés. Ce matin, le polici­er qui signe nos visas d’en­trée en Thaï­lande ne s’in­téresse qu’à ma tablette Kin­dle: où peut-il l’a­cheter? fonc­tionne-t-elle avec la wi-fi? à quel prix? Le soir, nous atteignons l’île de Chang. Occi­den­taux tatoués, ama­teurs de hamacs et de salades de fruits, la plu­part allemands.