La douane maritime est installée sur un ilôt de la baie de Kawthaung. Le “long-tail boat” s’immobilise le long d’une jetée de bois. Munis de jumelles, les militaires thaïs inspectent marchandises et passagers. Aux deux birmanes avec qui nous partageons le passage, je demande combien de temps elles peuvent rester hors du pays. “Oui. Non. Oui-oui. Comment?” Et des rires. Puis l’on repart en direction de Ranong. Je reconnais le débarcadère lépreux où je suis resté bloqué il y a huit ans avec Gala, la frontière terrestre étant alors interdite. Mais peut-être était-ce il y a dix ans, après la tempête Narguis (deux cent mille morts), époque à laquelle la junte, redoutant que l’ennemi étranger ne se serve du prétexte de l’aide humanitaire pour envahir le pays, redoublait de vigilance surt les postes avancés. Ce matin, le policier qui signe nos visas d’entrée en Thaïlande ne s’intéresse qu’à ma tablette Kindle: où peut-il l’acheter? fonctionne-t-elle avec la wi-fi? à quel prix? Le soir, nous atteignons l’île de Chang. Occidentaux tatoués, amateurs de hamacs et de salades de fruits, la plupart allemands.