Comment tout cela va-t-il finir? Par l’ordre. Mais cette fois, puisqu’il n’y a pas de valeurs faîtières, nous aurons deux aires coexistant, l’une, réservée, domaine des instigateurs, l’autre massive, ordurière, bestiale. Et un emballement communicationnel, outil du pouvoir des bourreaux de l’aire première sur les victimes de l’aire seconde.
Mois : novembre 2017
Jours
Toujours cette lumière éblouissante venue de la mer, elle efface le quai, les roches, le sable, se propage, envahit le ciel, il n’y a plus personne, que des timides qui arpentent le quai à petit pas comme s’ils allaient déranger. De l’autre côté — l’appartement traverse — sur la place, le couple de vieillards des montagnes rouges grille des marrons entouré de deux chiens graciles qui ont le physique des girafes de Dali. Je fais des aller-retours. De mes pâtes à la salle de sport, des carnets d’écriture au lit, au salon, aux documentaires — ils défilent sur l’écran, mais demeurent invisibles avant le soir tant il y a de lumière.
Editeurs
Si les éditeurs refusent les manuscrits parce que je pense ce que je pense, c’est qu’ils les acceptaient parce que je pensais ce que je pensais (ce sont eux qui évoluent dans la censure plutôt que moi dans l’opinion) et dans ce cas mieux vaut aller se promener et boire, dormir, manger et faire l’amour sans jamais confier un seul mot à ces gens qui font métier de les rendre public.
Sapin
A mon arrivée dans la région, j’ai acheté un sapin. Il n’était pas plus grand que ma main et je compte les racines; celles-ci plongeaient dans un gel bleu. Enfermé dans un carton, ses quelques aiguilles lorgnaient par une fenêtre afin que le spécimen dise son nom. A l’évidence, il n’avait jamais vu la nature. D’ailleurs, il n’était pas seul. Il côtoyait quarante collègues tous identiques disposés sur une palette au milieu des tondeuses, de la vaisselle, du beurre et des fruits — nous étions dans un supermarché. N’ayant ni terrain ni terre, je n’avais aucun besoin d’un sapin, ma priorité d’ameublement allait aux lits, aux chaises et à une table puisque le nouvel appartement était loué vide, cependant je n’hésitais pas, j’achetais le sapin. Pour l’acclimater, je me rendis chez un Chinois à qui je demandais du terreau universel que je versais dans un pot ramassé sur une poubelle, puis je transplantais le spécimen, retirant le sachet de gel bleu qu’il avait autour du pied. Plus tard, lorsque je partais à l’étranger, je pris soin de remettre les clefs au propriétaire afin qu’il lui donne de l’eau pour tenir devant le soleil andalou. Le sapin est toujours sur la terrasse, au-dessus de la mer et il a pris de la taille, disons qu’il a triplé de hauteur, mais ceci d’étrange s’est produit récemment: il s’est séparé. D’un côté il est resté sapin, de l’autre est venue une branche inédite, d’une variété exotique.
Prédateurs
Des pécores en mal de visibilité dénoncent pour abus sexuels ces hommes qui nonchalamment leur ont mis la main aux fesses. Nul doute que ces protestations contre la nature n’aient été conçues par des esprit masculins intéressés en raison de visées autrement prédatrices à asseoir leur domination politique sur nos sociétés occidentales en détruisant les dernières forces de la population blanche.