La femme dirige son amour sur quelqu’un. Si celui-ci s’é­carte, elle cherche sur les côtés, ailleurs, der­rière. Elle avance. S’il s’en trou­ve deux pour arrêter son amour, elle tend l’or­eille. Juge de la qual­ité de la réso­nance. Le vide lui fait hor­reur. Elle doit dépos­er sur la terre un fruit. Elle est pressée. C’est intérieur. Si cela ne se fait pas, la tristesse comble ses chairs. Il y a des femmes qui sont des hommes.

Croire à sa force et se mon­tr­er gen­til, clefs du suc­cès. A cette fin ne pas se deman­der ce que sont le suc­cès, la force, la gentillesse.

L’é­tape supérieure du pro­jet immo­bili­er occi­den­tal con­sis­tera à ranger les familles dans des armoires.

Céder la place est ce qui pour­rait arriv­er de mieux, mais si nous sen­tions le besoin de le faire, nous n’au­ri­ons plus besoin de le faire: les ressources seraient là.

Il y aura encore des belles pen­sées, mais elles ne seront pas le pro­duit des indi­vidus, moins encore des sit­u­a­tions. Elles nous effleureront. La plu­part croira à un courant d’air.

Le pro­jet secret de l’E­tat est de nous dés­ap­pren­dre à agir seuls.

Ce qu’on admet pas, c’est qu’il n’y a rien à faire. La con­di­tion s’améliore — sans fin. La frus­tra­tion demeure. Hon­or­er la vie, c’est ça — vivre. Le mal vient de la représen­ta­tion de la fin. Plutôt, de cette incon­gruité: un état final et vivant.

Le mur qui monte et l’échafaudage sans lequel il est impos­si­ble de mon­ter le mur. Et chaque jour se lever plus tôt pour arriv­er au som­met de l’échafaudage, et chaque jour arriv­er plus tard au pied de l’écha­u­faudage où sont les vivants de la famille. Cepen­dant, lorsqu’on aligne les briques, le ciel est en face, comme au pre­mier jour.

Tout est dans la dépen­dance. Ne pas dépen­dre. Aider. Le poli­tique est par principe la fig­ure inessen­tielle: il dépend de tous.

Quand tous les actes ont été con­som­més une pre­mière fois, les saveurs sen­ties, les car­ac­tères perçus. L’hori­zon se vide. Il faut atten­dre. Il va se remplir.