Gala jette le sal­adier sur le sol. Il se brise. Elle attrape ma canette, la casse sur le plan de mar­bre et me l’en­fonce dans le vis­age, J’esquive. L’oeil n’est pas touché. Je la maîtrise, elle tombe. Je plaque ses bras, mon vis­age coule. Gouttes sur le pull, la chemise, les jeans. Mon sang sur son vis­age. Elle se débat. Une heure avant de la met­tre dehors de la mai­son. Heure de cris, de lutte. Il pleut. C’est noir. Je bal­ance son sac dans la pluie noire. Ferme.

Susan Boyle ne peut recevoir ma biogra­phie car son titre — pas de moi — “Susie la sim­ple” la cho­querait. Ain­si en ont décidé les pro­duc­teurs qui la soignent, la manip­u­lent et la font pondre.

Dans les hau­teurs du cimetière d’Or­nans, un caveau de mar­bre anthracite porte cette inscrip­tion: caveau du pro­vi­soire. Der­rière, sur la butte gazon­née, des vil­las neuves.

Afin de ras­sur­er les investis­seurs face à une sit­u­a­tion d’in­vestisse­ment qu’ils savaient risquée et qui l’est dev­enue, les gou­verne­ments coal­isés font savoir qu’ils ont, au besoin, les moyens financiers de faire bas­culer la sit­u­a­tion. Ces moyens, ils ne les ont pas. Cha­cun le sait. Et doute de son savoir. Les investis­seurs dis­cu­tent. Une dis­cus­sion, trois, qua­tre semaines. Tout ça de gag­n­er. Puis le risque revien­dra. Accru.

Pour savoir, je crie. Dans le rêve. Puis je crie vrai­ment. Pas assez pour m’en sor­tir, me réveiller. Des pas à l’é­tage. J’é­coute. C’est Gala. “Gala!” Répond pas. Elle sent le cri, l’en­tend et s’en va. Elle ne com­prend pas. Je suis mort. J’es­saie d’al­lumer. J’en­fonce l’in­ter­rup­teur. Pas de lumière. Dans le couloir, du côté de Gala, chez les vivants, il y a de la lumière. Mon télé­phone! Où est-il? Mon télé­phone. Aus­si, éteint. Alors je me lève. Et me lève. Et j’en­tre dans le couloir, je vais à l’escalier, je vais à l’é­tage. A l’é­tage j’ou­vre la porte, je m’a­vance vers le lit de Liv, je me penche, je la prends dans les bras: elle est petite, toute petite, trop petite. Dev­enue petite. Je lâche Liv, je cours à ma cham­bre, et au lit je crie. Gala est à l’é­tage, je l’en­tends, c’est elle! “Gala!” Cette fois je me réveille. Dehors, dedans, dans la mai­son, tout est noir. Nous n’avons pas les enfants.

- Je peux faire quoi dans ce monde?
Au bar, au comp­toir, ses coudes et les miens.
- Quoi? dis-je.
Et lui:
- Quoi?
Ses yeux dis­ent l’heure, son état, la nuit. Soudain, comme si un garçon fan­tôme avait passé un coup de tor­chon dans le fond de son crâne:
- Qu’est-ce que je disais?

Gala déplace le verre des brosse à dents de vingt cen­timètres. Après une semaine Aplo revient dans la mai­son.
- Tu as déplacé le verre. Je préférais où il était avant.
Il le remet en place.

Pas de con­ver­sa­tion sur la France sans qu’aus­sitôt le prési­dent soit la cible d’anathèmes. Je le crois élu dans ce but, exclu­sive­ment. L’électeur se défausse. Le prési­dent, bête de con­cours, se tar­gue d’en­doss­er les respon­s­abil­ités, toutes les respon­s­abil­ités et cha­cun marche, à la cri­tique, dans une direc­tion inconnue.

Dans cette ville, des hor­loges et des hor­loges. Toutes réglées, toutes indi­quant la même heure. Et cha­cun sait qu’à ces hor­loges l’heure est fausse.

L’im­i­ta­tion de Jésus ( de Jésus, pas du Christ, lequel ramène à Dieu) pro­duirait au prix d’in­nom­brables guer­res une société recluse sur la sagesse. Guer­res pour extraire la sagesse de la masse.