Soirée cauchemar. A mon bureau, face aux étoiles qui montent, j’échange trois heures de suite des messages courts via mail et portable avec Gala, ne sachant où elle est ni avec qui ni pourquoi, et je démarre soudain la BMW, roule au village voisin, la cache derrière la poste, monte à pied, par les jardins, vers sa location, vois qu’elle n’est pas là, qu’elle est peut-être où elle dit être, dans les Cévennes. Et de retour face aux étoiles, chez moi, à mon bureau„ je décapsule la cannette suivante, l’estomac déjà gros de blonde, vois si elle a répondu à mon message précédent (tout en admettant qu’elle ne répond jamais) et raconte, par le mail toujours, à S. et C. dans quel cauchemar je me débats, sachant qu’elles sont avec leurs maris et leurs enfants et que je n’aurai la réponse, au plus tôt, qu’à la pointe du jour.
L’électricien polonais, tout le jour, ancien bagnard, la bedaine considérable, ballade dans la maison son odeur. Comme je fais du vélo dans l’atelier et qu’il tire des câbles, se rapproche, je lis le compte à rebours sur le compteur, souhaitant qu’il ne fasse pas irruption avant que j’ai fini d’aspirer mes kilomètres d’air propre.
Hier, aussitôt les enfants couchés, coup de tonnerre et foudre. L’éclair frappe à quelques mètres de l’atelier. Une boule de feu illumine le site. L’électricité lâche (dans la nuit, le téléphone qui fonctionne désomais sur batterie, s’éclaire). Je guette le crépitement des flammes d’un incendie. Je me rassure en me persuadant que le clocher de l’église, point le plus haut, aura attiré la foudre.
Enchantement des enfants lorsqu’ils reviennent dans la maison de Lhôpital ce soir. Le baldaquin sur le lit de Liv, la montre Casio au poignet d’Aplo pour laquelle nous venons d’acheter une pile et un bracelet neufs. Mais aussi les progrès de la construction, moi qui m’échine toute la semaine et le week-end. Des “oh” et des “viens voir, vite!” Et ils voient: les plafonds satinés, la pergola montée entre les pommiers dans le fond du jardin, le manteau de cheminée.