Ascendance



Les Espag­nols ne sont pas pré­ten­tieux. Quand ils font quelque chose, ils mon­trent ce qu’ils ont fait, signe que faire est tou­jours quelque peu dégradant. 

Filles



Hier, comme je roulais de nuit sur le quai, je croise trois filles. La plus hardie me lance : « Un jour, c’est une année sans toi ! » 

Laboratoire 2



Des frais­es gross­es comme le poing.

Féminisme



Fémin­isme, aujourd’hui (l’occurrence his­torique requiert un juge­ment plus nuancé) : la pro­pa­gande d’Etat indique une direc­tion et les femmes courent. Elles pensent avec les pieds.

Argent 2



La vie est plus facile quand on a de l’argent. Bien. La vie est surtout plus facile, là où les gens font en sorte qu’elle soit plus facile. Le protes­tantisme, recy­clé en vue de sat­is­faire aux buts du cap­i­tal­isme, rend la vie dif­fi­cile. A cet égard, la Suisse est exem­plaire ; je ne con­nais pas de société économique­ment prospère où la vie est plus dif­fi­cile (et d’abord, sur le plan psychologique).

Folie



Il faut être fou pour con­sid­ér­er que dans nos sociétés européennes « ça ne va pas si mal ». Nous assis­tons à la trans­for­ma­tion de l’homme en pro­duit tech­nique. L’immigration est au ser­vice de cet idéal : pop­u­la­tion mal­léable, d’essai.

Chaos



France : les fonc­tion­naires du chaos. Que font-ils ? Ajouter du verbe au verbe, des lois aux lois, des jurispru­dences aux jurispru­dences. Puis ren­trent chez eux. Le lende­main, ils recommencent.

Tableaux



Dans l’appartement il y a des tableaux. Je les décroche. Ils sont quel­con­ques. Par­fois laids. Tableaux sans égard pour le con­tenu, représen­tant ceci et cela, une fleur jaune parce que sur la gauche, on a mis un bateau avec un ciel rouge. « Il faut décor­er, donc on achète des tableaux », me dis-je. Deux jours plus tard, je suis chez le Chi­nois pour un presse-agrumes. Les tableaux sont là, sous papi­er cel­lo­phane. Trois à qua­tre cent tableaux, aux motifs var­iés, pour un prix débu­tant à 4 Euros. A la fin de la semaine, les parois de l’appartement sont enfin nus : tous les tableaux sont dans les armoires. Alors, je pré­pare la cham­bre de Luv. J’opte pour du bleu. La cham­bre marine. Draps et rideaux assor­tis. Et pour finir, jaugeant le résul­tat, je me dis : « je vais descen­dre chez le Chi­nois, il a peut-être des toiles dans le ton ».

Laboratoire



Des chiens gros comme des pigeons.

Cris



Plaisir d’entendre à l’aube les colombes, plus tard les mou­ettes de mer.