Un à un, je parcours les livres du rayon philosophie.
- Y a‑t-il un ordre?
- Que voulez-vous dire?
L’échange a lieu en espagnol. Peut-être me suis-je mal fait comprendre. Je précise:
- Comment les volumes sont-ils classés? Par ordre alphabétique? Par thèmes?
- Pas du tout, ils ne sont pas classés.
Le libraire est à son bureau, désœuvré. Aucun autre client. Je continue ma recherche.
- Nous fermons dans deux minutes.
A en juger par le profil du Monsieur, cela signifie réellement “deux minutes”. Je fais le tour de la boutique. Au fond, les bande-dessinées. Non que cela m’intéresse, mais j’en rapporte à l’occasion pour un ami qui fait collection.
- Ce sont des bande-dessinées (j’utilise le mot espagnol “tebeos”)?
- Oui, en anglais on dit “comics”.
Puis je m’avance vers la caisse et tend au libraire Le capitalisme funéraire de Vicente Verdu.
- Vous prendrez un sachet?
Il glisse le volume dans le sachet. A peine arrivé sur le seuil de la librairie, le volume passe à travers le sachet et tombe sur le trottoir.
Librairie d’ancien
Tintin
Dans le centre historique de Séville, deux Japonais en costumes traditionnels. Comme ils sont arrêtés devant la vitrine d’un bijoutier, j’ai tout loisir de les observer. Chez l’homme et chez la dame, des pantalons flottants de toile grise et une vareuse du même tissu. Sur la tête, une chapeau mou à bords tombants. Malgré les socques de bois qui les rehaussent, ils mesurant à peine 1,60 mètre. D’ailleurs je en suis pas le seul à regarder. La situation est celle des Dupont Dupond débarquant à Schangaï dans Le lotus bleu.
Présidents
Dans la rue, j’aborde un homme grand:
- Vous êtes le président?
- Non, ce n’est pas moi.
- Excusez-moi, je vous ai confondu!
De fait, si l’Espagne, en l’absence d’une majorité parlementaire, n’a plus de président du gouvernement depuis bientôt un an, chaque immeuble a son président à qui les locataires s’adressent pour régler leur problèmes d’eau, de poubelles, d’échéances…