Exister

Plus que sur­pris, épatés qu’un incon­nu leur pose une ques­tion, il s’aperçoivent soudain qu’il exis­tent, eux qui pen­saient n’ex­is­ter que par intermittence.

Montre

L’ou­vri­er qui con­sulte plus qu’il ne faut, pour qu’on la voie, la mon­tre demi-luxe qu’il a reçu de l’en­tre­prise pour ses quar­ante ans de bons et loy­aux services.

Femme

Quoi de plus jouis­sif qu’une femme de goût?

Vol

Les garçons de bord portés sur le spec­ta­cle sont ravis, le pub­lic du vol est cap­tif et acquis.

Aéroport

Retrou­ver après des semaines de bonne tran­quil­lité à chem­iner dans des rues mod­estes l’aéro­port assomme.

Courage

Le courage est cette qual­ité qui prédis­pose à devenir ce que l’on est pas. Il y faut la représen­ta­tion de soi. En quelque sorte, une volon­té de volonté.

Exotisme

A quoi tient l’ap­pré­ci­a­tion du vis­i­teur envers un pays? A l’idée générale qu’il se fait de ce pays avant la vis­ite? A ses attentes? A l’idée générale, j’en doute; aux attentes, peut-être. Con­for­mé­ment au plaisir de se laiss­er sur­pren­dre, c’est surtout à l’aune de l’ex­o­tisme que le pays est jugé et il ne peut l’être que par les détails. Accu­mulés, ceux-ci con­tribuent au por­trait du pays vis­ité que le voyageur brossera pour ceux qui voudront s’in­quiéter de ce qu’on y a vécu. Comptent ain­si le sourire d’un épici­er, la couleur d’un habit ou la couleur du temps, le goût d’un plat, la qual­ité d’un lit, d’un trot­toir ou encore d’un lever de soleil. Tout ce qui fait que nous sommes ici et non là. Mille choses que l’on pein­erait chez nous à nom­mer pour l’é­tranger, tant elles sont noyées dans le quotidien.

Envol

Couchés sur le dos, nous apprenons à nous lever et à fuir. Une fois allongé, il s’ag­it de piv­ot­er sur le ven­tre, pren­dre appui sur le pied droit et décoller. “Atten­tion, pré­cise le mil­i­taire, se redress­er brusque­ment serait une erreur, le couteau de l’en­ne­mi pour­rait vous attein­dre. Il faut décoller à la manière d’un avion… je mon­tre… il quitte pro­gres­sive­ment la piste. Com­pris? Bien essayons! A mon sig­nal?“
Et quand claque­nt les mains du mil­i­taire, je reste cloué au sol, comme si jamais encore je ne m’é­tais levé.

Inactuelles

Ces livres qui dans le titre com­por­tent le mot “aujour­d’hui” m’in­spire deux sen­ti­ments, le ridicule d’abord, la nos­tal­gie ensuite. Ain­si ai-je eu en main hier le livre “Bur­gos, aujour­d’hui”, un vol­ume de 1960.

Aigle

L’aigle impér­i­al avait de la peine à se détach­er de son socle.