Ce matin, je feuillette le programme des concerts de Londres et tombe sur une date de Donny Osmond, du groupe The Osmonds. Or, il y a trente-huit ans, je lisais le magazine de Claude François, Podium, au bord de la piscine d’un cinq étoiles à Madrid et je vois passer devant moi l’homme qui figure en photographie dans mon magazine, Alan Osmond. Je me lève, le suis, compare : c’est bien lui! L’ayant rattrapé, je lui demande un autographe. Il feuillette le magazine, appelle ses frères, leur montre le cliché sur lequel ils figurent tous, signe, me remercie. Mais ce qui m’a le plus impressionné c’est ce qu’Alan a fait ensuite. Il a avalé un sandwich club de quatre étages avec des frites puis a plongé dans la piscine. Ce qu’on m’avait dit de ne jamais faire.
Credo
Gala répute aberrante ma position de croyance. De famille italienne, d’ascendance catholique, elle ne peut envisager d’acte de foi sans un Dieu, plus encore s’il est révélé. L’idée que la foi crée son objet lui semble absurde. Contre les formules traditionnelles, philosophique et religieuse, “credo deus esse” et “credo in deum”, j’adhère à celle-ci: “Credo. Ergo deus.”
En lisant la presse
Qu’y a‑t-il à sauver dans notre société? Quelques individus au profil modeste, inconnus du public, assis à bonne distance de la scène, qui se demandent depuis des années en se rongeant les sangs ce qu’il adviendra de nous, ce qu’on peut faire, ce qu’on peut encore sauver. Les débuts des grandes civilisations, discrets, toujours. A fortiori quand ils succèdent à une grande civilisation.
Ecole
Levé à 5h15, je donnais à manger aux enfants, les préparais, les fourrais dans la voiture et prenais la route pour Genève. Une heure de conduite. L’hiver, il faisait encore nuit lorsque je les déposais avec leurs cartables devant l’école de Satigny. Cela me fendait le cœur. C’est toujours le cas. L’école est une torture. Ainsi la percevais-je enfant, ainsi l’ai-je perçue devenu père. Lorsque j’allais au collège Saint-Michel, à Fribourg, plus âgé qu’eux, à quatorze ans, je marchais quatre fois par jours les trois kilomètres qui mènent de Givisiez au centre-ville. Le parcours m’est resté en mémoire, le reste non; tout juste la forme de la classe et sa position dans le bâtiment de pierre grise au-dessus du vide. Qu’ai-je appris? Je cherche. Il me semble que tout ce que je sais, je l’ai acquis ensuite, à l’université — on dira qu’il a bien fallu y arriver, à l’université. Quoiqu’il en soit, fixer des enfants derrière un pupitre quinze années de suite ne ressemble en rien à une programme de vie.