Le soir, après des heures à lire les classiques, l’Abbé Prévost, Baudelaire, Beaumarchais, nous regardons des films, Eden Lake, Soutbound, Notre jour viendra. Plusieurs fois, Aplo annonce: il va se passer ceci, il va se passer cela. Je m’étonne. Ni la déduction ni la similarité avec d’autres scénarios ne permet de prévoir ce qu’il annonce. Cela se produit comme annoncé.
Aplo
Sur le quai, nous parlons avec Aplo de la réalité subatomique et du progrès des nouvelles technologies dans le codage du cerveau. Pour montrer que, dans le principe, la recherche devrait buter sur le notion de conscience, il me répond.
- Oui, c’est comme pour un chat. Il se voit dans le miroir, mais il effrayé car il ne reconnaît pas l’animal qui lui fait face.
Avant d’ajouter, remarque que je ne comprends pas:
-A cause du troisième œil.
Quelques secondes plus tard, passe le long du quai une dame qui a peint sur son front un troisième œil.
Parallèle
On a tort de s’échiner à construire le monde dans lequel on aimerait vivre car il y a, en parallèle, un chantier mieux pourvu en finance comme en ouvriers. Cependant le régime de l’action sera toujours insuffisant: ceux-là qui commandent à la réalité par le parallèle n’ont que l’idée de leur action. Creusons les idées, on s’y réfugie mieux qu’on ne le croit. L’action suivra.
Des monstres
Au supermarché (état des lieux oblige, le Supersol) deux montres nées femmes. L’aînée n’a pas trente ans. Elle pèse — j’évalue d’un œil sans expertise ‑140 kilos. En avançant le menton, la frangine se voit encore les cuisses. Gabarit relatif. En progrès. L’une des deux est mère puisque trottine dans leurs basques une enfant boule. Nous sommes au pain.
- Mais ça pue, dit Aplo.
Éduqué, quoique cela n’y fasse rien puisqu’elles ne parlent pas un traître mot de français, je fais l’innocent:
- Mais non!
Aplo qui n’est pas dupe:
- Je t’attends dehors.