Le but de l’Etat — mais surtout de la partie de la société qui valide ce mensonge — est de remplacer la vie qui est invention par un exercice imposé, et dans le mesure où il n’a rien de nécessaire, de le rendre obligatoire.
Bois
Nous faisons livrer deux stères de bois coupé. A répartir entre le guide qui vit dans les anciennes écoles, mon voisin et moi. Je garde mille kilos. Quand le camion est en vue, nous sortons. Vient dans la rue Paco, le paysan qui possède la moitié du village. Il approche la brouette et nous aide. Soudain, il arrête.
-Tu es d’où? Fait-il au bûcheron.
L’autre qui manoeuvre sa remorque n’entend pas.
-Il est d’où?
-De Yesa, fait mon voisin.
Alors Paco:
-Hé, toi, l’homme de Yesa! Tu as connu un certain Amado? Amado Jorge?
-Un peu.
-Tu l’as connu ou tu l’as pas connu?
-C’est mon oncle.
-On a fait l’armée ensemble. Il est toujours vivant ou il est mort?
-Vivant.
-Dans quel état?
-En bon état. Même qu’il va tous les jours à la chasse.
-Bien, alors tu lui passes le bonjour.
Or, ce Amado dont parle Paco, cet Amado qu’il n’a pas vu depuis quarante ans vit à quelques kilomètres, de l’autre côté de la montagne.
Sidus, sidéris
Sidéré de voir avec quel empressement ces personnes pleines de conscience, féministes, réactionnaires, moralisateurs, gauchisants, technophobes, écologistes, endossent les rôles qui ont été préparés selon une scénario dont ils ne peuvent saisir les aboutissements par de plus clairvoyants qu’eux-mêmes.