Gilets
Birmanie 2
“Luxury Hotel”
Activité 2
Dans un chariot dont elle actionne les roues au moyens de manettes, une handicapée, femme vieille, joyeuse et vive, arpente les rues du centre de Vientiane à l’heure où je m’installe devant l’épicerie. Le premier jour, un chien noir paraît avant son arrivée. Le lendemain, il paraît après son arrivée. Le jour suivant, il marche à côté du chariot, part et revient. Quand la femme pousse sur les manettes pour s’en aller, il est couché au sol. De l’autre côté du carrefour, elle lui parle. Le chien ouvre l’oeil, dresse l’oreille, se tourne. Il hésite. Il semble demander conseil. Je ne bouge pas. Une autre phrase de la femme, longue, une sorte d’explication, et le chien se décide.
Activité
A Vientiane, chaque après-midi, lorsque la température passe sous la barre des 40 degrés, je prends place sur un banc de étal devant une épicerie qui garde de la Laobeer au frais. Les chauffeurs, les gardiens de porte, et les maçons qui construisent l’immeuble voisin achètent des jus de mangue, de melon et d’ananas frappés avec de la glace. Dès le troisième jour de ce rituel de fin de journée — saluer la dame qui se tient dans son antre parmi les paquets de chips et les savons, ouvrir l’armoire, prendre une Laobeer, payer 10’000 Kip, s’asseoir sur le banc — la dame s’est aperçue qu’elle pouvait aussi bien transformer son épicerie en café, elle a donc sorti une table et des chaises sur le trottoir. Le reste du temps, le menton dans les mains, elle regarde des reportages sur les animaux polaires, ours de Sibérie, Rennes lapons, loups kazhaks.