Marché à l’esprit familial sur la place à l’obélisque. Des couples descendus des collines tiennent les stands maraîchers, un Chinois vend de la confection, les gens de la ville s’occupent de la vaisselle. Gala achète une robe et des raisins, je fais l’acquisition d’un sèche-salade. Je remplis nos bouteilles d’eau à la fontaine municipale, nous prenons du vin au tonneau.
Pain
Au milieu de l’après-midi, près du marché de Sant’Ambriogio, par une chaleur de trente degrés, une femme blonde et belle, grands cils, fort décolleté, sert, pour accompagner une salade de tomates et de “mozzarella de buffala” un pain chaud. Gala s’éclipse. De retour, elle a convenu d’un rendez-vous. La nuit, elle viendra faire le pain avec la patronne.
Lâcheté
Dans les squares de Florence, à portée des flots de touristes chinois, des nègres sapés à l’américaine, drogués et ivres, a demi-nus et vociférants, s’écroulent. De jeunes Italiens, ambulanciers empressés, solidaires, volontaires, mal payés, avec un matériel de combat civil les embarquent et les emmènent vers les conforts de l’Institution socialiste d’Etat.
Disparition
Aux dernières nouvelles, diffusées ce jour par la statistique madrilène, l’Espagne se dépeuple. Pourvu qu’aucun polichinelle, avide de toucher une plus-value sur le travail des masses, n’obtienne de convaincre que l’on peut “faire de la croissance” en repeuplant avec des va-nu-pieds prélevés sur les stocks du tiers-monde.
Débit
A ce jour j’ignorais, sinon dans sa définition, ce qu’est une loghorrée. Désormais, je vérifie chaque soir son sens en écoutant parler la voisine continûment, derrière la haie (je ne l’ai pas encore aperçue), sans ponctuer ni reprendre son souffle ni laisser la moindre occasion au mari d’interrompre le flux, tant elle débite sur un ton monotone et quasi machinique vingt et trente minutes d’affilée.