Aujourd’hui, le gouvernement ne protège pas le peuple, pas plus que le peuple ne protège le gouvernement. Chacun devrait (hommes de pouvoir ou quidam) composer avec son prochain et participer en esprit comme en actes à la protection et à l’intérêt communs. Pratique difficile, pour ne pas dire impossible, depuis que les représentants, cooptés par un nombre trop grand d’individus aux intérêts mêlés, trouvent les motifs de leurs actions ici et là, et de préférence auprès des meilleurs propagandistes.
“Small is beautiful”
Après? Comme avant. C’est à dire, à la veille du présent mortifère qu’a mis en place la mondialisation à partir des années 1990 (voire la saine réaction des opposants à Seattle, ils clament, frappent et brûlent) : moins de transports subventionnés d’esclaves industriels prélevés sur les stocks du tiers-monde en pourvoi de l’usine européenne, moins de monopoles anti-libéraux, moins de technocrates rémunérés sur le travail productif et, pour la dimension psychologique, moins de sexualité de renfort pour les minus habens, et d’animaux de compagnie, et de drogue sous assistance. Et aussi, halte au loisir véreux généré par l’économie de la connaissance!
(Clin d’oeil à Schumacher).
Us
Le boulanger cuit un pain spécial, le maçon soigne son mortier, la coiffeuse invente des coups de ciseau : à l’inattendu, nous opposons la routine. Appel de bons sens — on ne peut proclamer tous les jours comme Jarry que “le plus court chemin de zéro à l’infini est Dieu”. Ce quotidien voué à la répétition montre au contraire que nous sommes ce que nous sommes. Truisme plus profond qu’il n’y paraît : il dénonce la transformation accélérée de nos habitus au nom d’un progrès technique tout-puissant, incontestable, souvent mal vécu et peut-être illusoire.
Exécrable
Et pendant ce temps, il y a des grands écrivains suisses, vicaires de l’humanité (après 500’000 autres) qui s’occupent d’affaires urgentes tel que le sort des juifs dans notre pays lors de la dernière guerre (souhaitons-lui d’être rémunéré pour cet attachement militant au “devoir de mémoire”).
Skate
La planche de skate Hobby que j’ai laissée dans l’entrée du magasin a disparu (c’est un rêve). Un rêve dont je suis conscient et je m’interroge : “comment en être certain? et si j’avais malgré tout égaré ma planche?” Alors je visite un à un tous les magasins de cette ville que je ne connais pas, causant avec les vendeurs, appelant les gérants, décrivant la planche. Quand je me réveille, je suis bredouille: je n’ai pas retrouvé la Hobby. Plus tard, comme je m’achemine vers la salle de bains, me travaille cette angoisse: “où ai-je laissé cette planche? qui l’a volée? y a‑t-il moyen de la retrouver?”