Au carrefour

Park­ing immense, désert. Les portes coulis­santes du hangar de nour­ri­t­ure chuin­tent. Couloirs de bou­tiques sans clients. Sur des tabourets, con­tre la caisse, des gamines ennuyées jouent sur leur télé­phone. Des annonces de sol­de réson­nent dans les haut-par­leurs, aux étals picorent les moineaux vol­u­biles. Le cabas à roulettes que je traîne der­rière moi je vise les prix, prends ou ne prends pas. Ambiance de décom­pres­sion. En périphérie de ce hangar sans qui la région mour­rait de faim, il est quinze heures, les vivants ont dîné, ils digèrent.