AGI

Pour Intel­li­gences Arti­fi­cielles Générales. “Gen­e­sis”, le livre d’Er­ic Schmidt, Craig Mund et Hen­ry Kissinger (texte en voie d’achève­ment au moment de sa mort) sur la prospec­tive tech­nologique est d’abord un foy­er de ques­tions autour des prob­lèmes logiques de l’in­ter­ac­tion humains-machines-réel. Jeu auquel se livrent, aimerait-on dire “entre gens aver­tis”, de fins lim­iers en bout de course. Por­teur? Assez. Moti­vant? Assez. Probant? Non. Le lecteur en vient à penser : écrit le week-end, un whisky à la main. A pren­dre en rai­son cepen­dant : l’ac­tu­al­ité du sujet. C’est à dire à enten­dre l’opin­ion des uns et des autres devant l’ur­gence. Reste ceci: une longue et fas­ti­dieuse intro­duc­tion sur les pré­ten­dus ascen­dants his­toriques de la cir­cu­la­tion des con­nais­sances où l’on trou­ve cités Mag­el­lan, Colomb, Pla­ton et par volon­té idéologique ou mesure de con­tre­poids, cap­i­taines chi­nois et inven­teurs hin­dous, intro­duc­tion d’un élève de bac­calau­réat qui pointe sur l’ig­no­rance des Améri­cains en matière d’his­toire. Plus avant, dans les chapitres spécu­lat­ifs: quand le raison­nement est appuyé sur Kant et Descartes (puis Hegel, mais je n’en puis juger), les inter­pré­ta­tions sont fauss­es, ni la “chose en soi” ni le dual­isme ne sont com­pris, preuve que là encore, comme il en est de l’his­toire, nos maîtres du monde (prochaine­ment déchus, Dieu mer­ci) se con­nais­sent surtout eux-mêmes.