Malus

Mal à la gorge. Cela monte et descend. Je chas­se le mal, il s’esquive, trou­ve refuge der­rière un organe incon­nu. Sans descen­dre jusqu’au cul, il fréquente des géo­gra­phies inédites, je peine à le débus­quer. J’es­saie les pilules habituelles: aspirine, sauge, réglisse, cit­rus. Le mal fuit. Et revient. Surtout la nuit, quand je suis sans défens­es. Alors il s’in­stalle. Tou­jours à se deman­der: “si c’é­tait autre chose?”. Une espèce plus solide, plus néfaste, une prise de domi­cile. Ces maux pour­raient-ils nous foutre la paix? Ils n’ex­is­tent qu’à la con­di­tion d’insister.