Retour au camping de la centrale nucléaire. Un chat passe. Il sent ma présence à bord du van, s’immobilise, cherche. Renonce, poursuit. Dans les maisonnettes de plastique ondulé des familles invisibles. Garées sur des tapis vert gazon de petites voitures, près des W.C. une Mercedes noire contre une piscine hors-sol. En partie basse du van, sur la couchette, en vrac, les pièces du lit luxueux que j’ai acheté il y a dix ans à Fribourg, cent-quatre-vingt centimètres de large, une tête rembourrée et molletonnée, et les cartons d’archives récupérés dans a cave de Luv laquelle quitte Neuchâtel à la fin du mois la première partie de ses études universitaires finies : l’ensemble monte jusqu’au plafond, je dois ramper sur le dos pour atteindre les bières, me contorsionner pour aller dormir à l’étage, dans le toit ouvrant. Le lendemain matin, longue mise en ordre et travail de sécurisation du contenu avant de reprendre la route en direction des Pyrénées, huit heures de conduite. Arrivé à domicile, en sueur après avoir porté les morceaux du lit depuis la place du village et lutté pour les faire transiter par des portes trop petites, je trie les cartons et découvre des dizaines de manuscrits, de cahiers, de notes, de scénarios, de pièces, de correspondances oubliés.