Vol

Boe­ing d’Aeromex­i­co : assis à l’ar­rière, con­tre les toi­lettes (siège le moins cher du vol), avec vue sur 300 écrans de diver­tisse­ment. Deux rangés devant, un grand-père Mex­i­cain enchaîne film sur film pen­dant les 12 heures que dure le vol. A ma droite un étu­di­ant juriste de Tolu­ca. Il ren­tre d’un semes­tre d’échange, porte un T‑shirt de l’A­cadémie de Pla­ton, me mon­tre sur son télé­phone ses pho­togra­phies des lieux philosophiques de la Grèce anci­enne. Sur la tête il a empilé des cas­quettes sou­venirs, une par ville vis­itée : Athènes, Rome, Ams­ter­dam, Lon­dres… De l’autre côté du couloir, siège vide. Celui de Gala. L’a­vant-veille du départ, elle a mal, elle ne peut pas, elle ne veut pas pren­dre le risque. Un mal, un risque, un pou­voir ou ne pou­voir-pas qui sont aus­si des excus­es. Acheter des illu­sions au frais de l’autre, facile — je pré­parais le voy­age depuis novembre.