Après l’enregistrement, la douane et la fouille, autre portique, flambant neuf celui-ci, gardé par une policière adolescente. Je dis « une » pour indiquer qu’elle est seule, que ce sont les machines qui font le travail. Que font ces machines ? Elle font passer. Comme l’outillage est neuf, que personne ne comprend son fonctionnement, une négresse pousse les voyageurs dans la direction des machines, les installe, leur intime de ne plus bouger. Une fois immobile dans cette espèce d’aquarium verticalisé le client présente son passeport, son visage, ses mains et la prunelle de ses yeux. La machine digère et coordonne. Si vous êtes celui que vous êtes, la machine ouvre la barrière. Comme “je suis celui que je suis”, elle ouvre, je passe. Mais la policière me rattrape, elle m’interpelle. Elle consulte mon passeport. Téléphone. Le consulte encore. Prends des ordres. Dans mon dos, les clients du monde entier, indiens en pagne, Chinois, routards, cow-boys. Ils passent. Ils plaisantent. Vont boire des jus. Partent en vacances. Je reste. A la policière, je fais valoir que ce doit être le passeport. Lui aussi est neuf. Et Suisse. Donc en avance. Technologiquement, veux-je dire… Non, ce n’est pas ça. La policière adolescente compose un autre numéro, fronce les sourcils:
-Vous sortez de prison ?
« Non ».
-Vous avez fait sauter l’alarme rouge! Regardez, là!
Je regarde là.
-Eu affaire à la justice récemment ?
Obligé de dire « oui », sans trop savoir à quoi j’acquiesce.
Les gosses à qui j’aurai donné une tarte ? La policière ne sait pas. Moi non plus. Cette affaire de gosses qui, comme la plupart des affaires en justice, vérifie que la Justice n’existe pas. Affaire au cours de laquelle les parents ont menti, les gamins ont menti sur ordre, les juges femmes ont écouté ces mensonges et menti au nom de l’idéologie féministe avant que de juger, et me voici « alerte rouge » !