Barros

Sen­ti­ment de tristesse, dans la “calle May­or” de Puente tout à l’heure à con­stater que l’épicerie Bar­ros avait fer­mé. D’abord j’ai pen­sé — cela me ressem­ble: “les salauds, ils ont aus­si eu rai­son de ce com­merce!”. Mais non, la pan­car­te écrite à la main annonçait: ” fer­mé pour cause de retraite”. Triste car c’é­tait par son agence­ment, son ambiance, ses pro­prié­taires égale­ment vendeurs, l’une des ces épiceries à l’an­ci­enne telle qu’elles exis­tent encore en des lieux reculés de la cam­pagne et ont dis­paru de nos paysages suiss­es sauf peut-être dans les mon­tagnes secrètes des grisons ou du valais, soit une bou­tique où le père passe des fro­mages à la boucherie sans chang­er le tabli­er, la femme con­seille sur les pro­duits et la fille tient la caisse et compte les sous. Avec ça des miels et des sauciss­es et des pains achetés aux arti­sans, des boîtes-con­serve de fab­riques instal­lées dans les années 1950, des piles de morue de Cas­cais et d’Aveiro, des blocs de Tur­rón au moment de Noël. Je n’aime pas voir dis­paraître ce qui est humain, surtout quand ce qui vient porte le masque de la sym­pa­thie afin de mieux cacher le cynisme de l’industrie.