Brig

Prom­e­nade par les rues de Tafers en atten­dant le train qui amène Gala quand se pro­duit sur l’u­nique gira­toire un acci­dent. A dis­tance — nous chemi­nons sur le ruban de bitume sou­ple qui tra­verse le quarti­er des locat­ifs — on ne voit qu’une moto couchée. Un homme se relève, épous­sette ses habits, con­sid­ère son engin. Dix min­utes plus tard, repas­sant par le même rond-point, un élève polici­er fait la cir­cu­la­tion, deux voitures de patrouille blo­quent les accès, un camion de pom­pi­er exhibe son matériel: plus loin, des can­ton­niers répan­dent du sable sur la chaussée. Luv compte le per­son­nel. Douze hommes, deux femmes. Déboule l’am­bu­lance. Une civière est dépliée. Le mon­sieur qui a chaviré avec son scoot­er s’al­longe. Comme s’il assis­tait à un événe­ment extérieur, il noue ses mains sur sa poitrine et observe le tra­vail des sec­ours. L’in­fir­mi­er le cein­ture, les ambu­lanciers le rangent dans le cof­fre de l’am­bu­lance. “Si c’é­tait un exer­ci­ce”, sug­gère Luv. “Au cen­tre de la ville?”. Non. Cela est réel.