Tôt réveillé et sans intention de me lever, le corps chaud et stable, je mesurais tranquillement mon bonheur. Jamais, me disais-je, je n’ai eu d’aussi bon lit ni profité d’un silence aussi parfait. Cela me rendait heureux. Plus encore la conviction qu’il n’y avait personne pour perturber cette jouissance. Nul ne viendra ce matin à ma porte, je n’attends pas de poste, je n’ai plus de situation administrative; les voisins savent qu’on ne me dérange pas avant midi; je n’ai pas le téléphone.