Toujours dans la montagne. Cela prendra fin vendredi. Sans argent, comment s’acquitter d’un tel loyer? Et le polichinelle majeur Pedro Sanchez qui demande pour l’Espagne une sixième prolongation de l’Etat d’urgence! L’Editeur de Paris m’envoie un contrat de travail: avec ça, je devrais pouvoir rentrer. Comment les peuples ont-ils réussi à placer pareils paltoquets au sommet des pyramides humaines? Après quoi, l’air contrit, ils répètent les interdits qui leur son faits et s’y plient en jouissant. Faut-il ajouter que mes enfants trouvent cela normal? L’apanage de la jeunesse est de ne pas comprendre, mais aussi de servir de dupes aux malveillants. Ce qui ne facilite pas le dialogue entre les générations. Pendant ce temps, l’Etat me laisse sans le sou et empêche mon travail, ce qui va m’obliger dès demain matin à décrocher le téléphone pour expliquer à une assistante du régime social de la Glâne que je n’ai plus, ne peux pas et, bien entendu, à compter de samedi, ne sais pas où dormir. Que va-t-on me proposer: un centre pour immigrés de l’intérieur? Une chambre dans une ferme? L’hospice? Du travail? Qu’il soit dit que je récolte volontiers le raisin des communes, les pommes des communes, le blé des communes, mais pas pour le salaire plancher versé aux saisonniers dont la seule utilité est de permettre au patron helvétique de rouler en Porsche. Quelle belle saloperie que notre beau pays! En attendant de le constater, je profite encore un peu de l’esplanade du sanatorium, de l’odeur chaude des fleurs dans l’orage, du pépiement des oiseaux, ici très audibles, dans cette station de morts-vivants et de Français d’importation (travaillant). Puis rejoins Gala qui tente de pénibles traversées du salon, reprise comme elle est de violents vertiges, séquelles de son infection de janvier à l’oreille interne.