Mouvement 30

Tou­jours dans la mon­tagne. Cela pren­dra fin ven­dre­di. Sans argent, com­ment s’ac­quit­ter d’un tel loy­er? Et le polichinelle majeur Pedro Sanchez qui demande pour l’Es­pagne une six­ième pro­lon­ga­tion de l’E­tat d’ur­gence! L’Edi­teur de Paris m’en­voie un con­trat de tra­vail: avec ça, je devrais pou­voir ren­tr­er. Com­ment les peu­ples ont-ils réus­si à plac­er pareils pal­to­quets au som­met des pyra­mides humaines? Après quoi, l’air con­trit, ils répè­tent les inter­dits qui leur son faits et s’y plient en jouis­sant. Faut-il ajouter que mes enfants trou­vent cela nor­mal? L’a­panage de la jeunesse est de ne pas com­pren­dre, mais aus­si de servir de dupes aux malveil­lants. Ce qui ne facilite pas le dia­logue entre les généra­tions. Pen­dant ce temps, l’E­tat me laisse sans le sou et empêche mon tra­vail, ce qui va m’oblig­er dès demain matin à décrocher le télé­phone pour expli­quer à une assis­tante du régime social de la Glâne que je n’ai plus, ne peux pas et, bien enten­du, à compter de same­di, ne sais pas où dormir. Que va-t-on me pro­pos­er: un cen­tre pour immi­grés de l’in­térieur? Une cham­bre dans une ferme? L’hos­pice? Du tra­vail? Qu’il soit dit que je récolte volon­tiers le raisin des com­munes, les pommes des com­munes, le blé des com­munes, mais pas pour le salaire planch­er ver­sé aux saison­niers dont la seule util­ité est de per­me­t­tre au patron helvé­tique de rouler en Porsche. Quelle belle saloperie que notre beau pays! En atten­dant de le con­stater, je prof­ite encore un peu de l’e­s­planade du sana­to­ri­um, de l’odeur chaude des fleurs dans l’or­age, du pépiement des oiseaux, ici très audi­bles, dans cette sta­tion de morts-vivants et de Français d’im­por­ta­tion (tra­vail­lant). Puis rejoins Gala qui tente de pénibles tra­ver­sées du salon, reprise comme elle est de vio­lents ver­tiges, séquelles de son infec­tion de jan­vi­er à l’or­eille interne.