La fiction native est au monde ce que le pied est au bilboquet.
Mois : janvier 2020
Charles-Albert 2
Le 24 novembre 1929, Cingria écrit à son frère d’Avignon: “Cher, Je pars mardi soir. Je suis donc encore à Villeneuve jusqu’à ce moment”. Il est amusant de penser qu’il se trouve dans cette même maison de la Chartreuse, construite sur les ruines d’une cellule de moine, où j’ai habité trois mois à l’automne 2002, écrivant six pièces de théâtre et deux livres. Autre coïncidence ces jours: le chalet que j’ai visité avant-hier près des Mosses, je suis passé, sinon devant, à portée, il y a vingt ans, lorsque j’écrivais les Trois divagations sur le Mont Arto. Parti de Genève, je rejoignais alors Chapelle. Passé le col, j’ai dormi sur la terrasse d’un chalet fermé, près du lac d’Hongrin — ce que je raconte dans le texte. Les dates correspondent sans aucun doute puisqu’Aplo, qui venait de naître a aujourd’hui 20 ans. D’ailleurs, je le rejoins ce soir à Cointrin où nous devons prendre un vol pour la Birmanie.
Hypnagogie
Une fois de plus hier, dans la nuit, je m’intéressais aux phénomènes psychiques qui se produisent — faute de savoir le dire autrement — entre cerveau et rétine, ceci après avoir tenu les yeux fermés cinq heures d’affilée sans que vienne le sommeil. Or, pas une seule nuit (ici, aucune formule) ne ressemble à l’autre. Quand j’en aurai fini avec les trois essais que je veux encore écrire, nul doute que je me consacre à l’analyse de ces images auxquelles je me confronte depuis 1991, ce matin ou à demi-alcoolisée je dormais au sol, à Genève, rue de la Ferme, chez deux filles, jouant librement avec les objets qui traversaient mon espace mental.