Intenable

Dis­cours poli­tique et religieux sont de la même nature: ils con­sis­tent à promet­tre l’in­ten­able. Ce qui est ardem­ment désiré, désiré au point d’en­vahir tout le champ de la con­science, se  sat­is­fait volon­tiers d’une promesse. Il y a ici une effi­cace du lan­gage: l’an­nonce d’une solu­tion soulage. Or, c’est bien de ce strat­a­gème dont les hommes de pou­voir, religieux et poli­tiques, font usage. Ils déclar­ent détenir une solu­tion; il n’est que de leur faire con­fi­ance pour obtenir son appli­ca­tion, bref, mutadis-mutan­dis, les croire. Croire en un homme d’un tel car­ac­tère revient à lui con­fi­er son des­tin. Le tour est joué. La par­a­digme de ce dis­cours est la parabole ou (cette alter­na­tive est la clef du prob­lème) le fait du “tombeau vide” tel que racon­té par les dis­ci­ples de Jésus. Le désir d’im­mor­tal­ité qui hante l’homme suf­fit à le jeter au pied de celui qui promet la résurrection.