Initiation à la planche à voile. J’y emmène Aplo. Le maître est blond, grand, plein de cheveux, il parle allemand et anglais, plaisante et compte dans dix langues. A même le sable, il explique la manoeuvre.
- Voilà, c’est à votre tour! Approchez, formez un cercle! N’ayez pas peur, nous sommes tous débutants ici!
Une voile à la main, nous devons trouver le point d’équilibre. Puis il nous remet à chacun une planche, nous mettons les planches à l’eau, nous montons sur les planches, tombons à l’eau, tenons, et quand nous sommes prêts, il nous prie de ramener le matériel.
- Approchez!
Il donne les prix des cours.
Lorsque le groupe se disperse, je demande le prix de location à l’heure.
- Vous avez déjà fait de la planche?
- Je fais du surf.
- Oui, mais ici, il s’agit de planche à voile, ce n’est pas pareil? Vous avez une licence? Je peux la voir? Dans ce cas, je ne peux pas prendre le risque.
Aplo et moi fixons la mer. Un mètre d’eau claire, fond de sable, vent nul.
Il y a dix ans, à l’extrême sud de Bali, sur la presqu’île de Bukti, je loue un surf. Je demande au garçon de m’indiquer les récifs de coraux. Il gribouille dans sa main trois cercles et m’indique les couloirs à emprunter pour rejoindre la ligne des vagues. Je rame vingt minutes, atteins le courant, essaie de surfer, tombe, ne retrouve plus le couloir, passe sous les vagues, vois les requins. Plaqué sur la planche, nageant du bout des doigts, inondé d’écume, je reviens en catastrophe, priant pour ne pas basculer au-dessus du corail.
- Ah, vous avez vu les requins? Oui, ils viennent parfois chasser près de la plage, c’est des requins blancs, mais pas des adultes.