A bord de sa Jeep bleue, Evola va de magasin en magasin, achète des plinthes, des corniches, du lambris, des lasures, des vis. Chaque élément de la liste est l’occasion de détailler les progrès du travail. Ces jours, il attaque le plancher du salon. Il est toujours sans chauffage, le poêle commandé à Pampelune retenu sur un port lointain. Nous mangeons dans la salle en cave de la Maisa avec les ouvriers, les retraités et les militaires. Et il me remercie de l’avoir invité sur le terrain. “Jamais je n’ai été aussi heureux! Quand je pense qu’il aura fallu attendre d’avoir presque l’âge de la retraite!”. Que fait-il quand il n’est pas à son chantier de rénovation de la caravane? Il danse sur le terrain, la nuit, seul.
Journées
Vécues dans une confortable répétition des heures et des gestes. Régime d’apesanteur qui établit le vivant dans un équilibre naturel. Je ne compte que sur moi, je n’ai ni horaire ni contrainte. Ce qui implique d’être persuadé de ses choix, confiant dans ses projets, tout expédient se donnant pour ce qu’il est, un passe-temps, de ce fait incapable de maintenir l’équilibre dans la durée.
Toussaint 3
A l’heure où les enfants défilent dans Agrabuey déguisés en monstres, il pleuvait des cordes. La plupart des parents découragés, le cortège était maigre. Deux petites filles et leur frère ont tapé à ma porte. J’ai donné une plaque de chocolat en précisant “de Suiza”. Le garçon a fouillé dans sa poche et m’a remis un “chuche” (une gomme multicolore”): pour toi!