Hôtel du haut, la viet­nami­enne avec son bar à salades automa­tique (il s’ou­vre à 19h00) et le père cycliste qui me mon­tre ses cica­tri­ces, “ça c’est mon pied, mon tib­ia, ma moelle” et comble de chance, “vous per­me­t­tez?”, s’in­stalle à la table à côté un représen­tant de com­merce qui vend de la pein­ture au mini­um de plomb ou quelque autre liq­uide techonologique, qui en vend des mil­liers de litres à Mada­gas­car, “atten­tion, s’ils paient en avance!” et tout cela dur­era car la viet­nami­enne est seule pour servir la salle et elle a dis­paru en cuisine.

Ils firent de si longues vacances que le temps sor­tit des repères et le mer­cre­di, le same­di n’avaient plus de sens et à mesure que le temps pas­sait la notion de vacances se perdit, cela devint ennuyeux, il n’y avait ni lun­di ni fin de semaine, aus­si songèrent-ils à pren­dre des vacances, mais ils cher­chèrent en vain un jour pour les faire com­me­cer et l’essen­tiel de ce temps ennuyeux qu’ils vivaient pas­sait à cette recherche.

Retour à Lhôpi­tal le 10 jan­vi­er. Toi­lettes, murs, sols et poêle glacés. Je vais au bois. Rondins humides dans l’âtre. Ils crachent une fumée noire qui m’oblige à ouvrir en grand les fenêtres. Au réveil, enfon­cé dans des chaus­setes et des pulls, la cafetière coule et à la salle bains, l’aigu­ille des sec­on­des recule, mais c’est le jour et j’ap­porte mes bil­lets de banque au ban­quier pour pay­er la maison.

Il y a quelques années, de retour de Stre­sa, je passe le Got­thard et à Chip­pis m’ar­rête au café. Le week-end ce sont tenues des élec­tions fédérales. A la serveuse je demande:
- Alors, qui a gag­né?
- Je ne sais pas.

Il rêvait de tomber, mais il était déjà tombé et en était mort.

Vingt cor­re­spon­dants à qui j’adresse un mes­sage. Pas de réponse. Ce sont les vacances. Le jour de la ren­trée, les réponses.

Ile de Lampe­dusa, Ital­ie, lieu de tran­sit des immi­grés. Les dic­tatures africaines se ser­vent des déshérités comme d’une mon­naie d’échange, les cap­i­tal­istes le récla­ment pour leurs chantiers, les human­i­taires pour leur fonds de com­merce, l’ex­tême-droite pour illus­tr­er son thème, la tech­nocratie brux­el­loise pour four­bir ses rap­ports. Que ne coule-t-on cette tête de pont?

Au bout de la rue il n’y avait rien de plus mais c’é­tait le bout de la rue.

Occupé à mas­ti­quer les inter­stices du par­quet je fais tourn­er une suite de musiques baro­ques. A ce que je crois. Au bout de dix min­utes cette réflex­ion: l’or­eille est défor­mée, j’en­tends la même chose là où les dif­férences sont sub­tiles. Volon­taire je prête une atten­tion renou­vel­lée. Le début, l’en­volée des orgues, … non, décidè­ment je vois mal la dif­férence avec la pièce précé­dente. Pour cause, le lecteur tourne en boucle, j’ai écrouté six fois la même pièce.

A l’U­sine où je croise à l’oc­ca­sion d’un con­cert deux, trois, dix, trente per­son­nes. Avec toutes, une his­toire, mais déjà loin der­rière nous ce qui per­met de n’en rien dire et rend d’au­tant plus chaleureuse l’embrassade.