A un “non”, la femme préfère un “oui” qui est un “non”.
Temple du Boudha d’émeraude apparu suite au foudroiement par l’éclair de la stupa dans laquelle il était serti, mais Gala porte un jupe si courte, qu’on la croirait sans culottes. Déjà, au marché, les femmes levaient des regards surpris. A la fin, indisposé, je lui propose de rentrer. Elle achète un pantalon, et dans une atmosphère lourde de reproches, nous mangeons.
Dans le car, une jeune fille discrète. Jeans apprêtés, chaussettes à pompons. Trois heures de suite, pieds à plat, symétriques. La frange net sur le front, de grands yeux blancs et sombres. De temps à autre, elle pianote sur son portable et parle dans un micro qu’elle tient contre ses lèvres. Son porte-monnaie tombe. Je le ramasse. Elle tend la main, le récupère sans me regarder, ne remercie pas. Pourtant, à l’arrêt du bus, comme le nom de la gare n’est pas affichée et que nous demandons où nous sommes, elle se renseigne pour nous. Puis elle s’incline et reprend sa position.
Lorsqu’on voyage dans l’Asie du sud, le contraste avec la vitesse de nos sociétés est frappant. Nos individus, adaptés à la technique — un auteur tel que Bernard Stiegler l’analyse bien dans De la pharmacologie — sont les appendices d’une machine dont le rythme s’est emballé. Et autour de cette machine dont la force centifuge croît, des corps tombés et immobiles: invalides, ivrognes, chômeurs, hagards, drogués, déprimés.