Ce que mes amis alter­nat­ifs ne peu­vent pas admet­tre, c’est que je lave ma voiture.

Com­ment se pren­dre au sérieux? L’ar­gent, oui, pour le plaisir, mais le pouvoir?

Dessin naïf d’un ruis­seau, tous les pois­sons nagent dans la même direction.

Encore des crépite­ments. Plus fort. Dans la cage d’escaliers. Qui sem­blent mon­ter à l’as­saut de la cham­bre. J’ou­vre la porte. Les flammes déposent des lueurs sur les cloi­sons. Peu après il pleut . La cloche de l’église sonne. Qua­tre coups au-dessus du lit humide.

Feuille frois­sée dans la cor­beille. Au milieu de la nuit. Qui se déplie. Je dresse l’or­eille. Ne sais pas ce que c’est. Je me ras­sure. Voilà que le bruit recom­mence. Ailleurs, pas que dans la cor­beille. Une sorte de crépite­ment. Je me dresse dans le lit. Par le hublot de la porte du bureau (où je dors) je vois les lueurs orangées du poêle. Je reni­fle. Odeurs habituelles: plâtre et fumée. En fin de compte, c’est le radi­a­teur. Il crépite.

Chez les Thaïs, dans le peu­ple, sen­ti­ment que la vie privée n’ex­iste pas. Les rap­ports ont lieu par et dans le tra­vail — lequel ne cesse ni ne commence.

Révoltes en Egypte. Les châines câblées d’in­for­ma­tion en con­tinu n’ont ni images ni infor­ma­tions. Cepen­dant, elles ne cessent d’in­former. Sur une chaîne on peut voir une image d’au­jour­d’hui avec un com­men­taire de la veille, sur l’autre une image de la veille avec un com­men­taire d’au­jour­d’hui. Simul­tané­ment, un ani­ma­teur déclare “au 13ème jour de la révolte”, un autre “au 14ème jour de la révolte”. Il faut ajouter les phras­es qui défi­lent sur le promp­teur placé en bas d’écran. Elles défi­lent sans ordre de sorte que des nou­velles anci­ennes précè­dent par­fois des nou­velle récentes, caus­es et con­séquences se trou­vant ain­si inversées.

Dans une gare routière à sept heures le matin. Quelques paysans en route pour la Chine fument au pied de trois bus esquin­tés. Mais nous nous sommes trompés d’heure, le bus pour la Thaï­lande est à sept heures du soir.

35 kilo­mètres pour attein­dre la cas­cade de Khuan Si. Jun­gles le long de la route (plus intéres­sante que la cas­cade, sorte de carte postale chi­noise). Les vil­la­geois se tien­nent les côtes et font des signes à me voir ain­si trans­porter Gala sur le porte-bagage.

Luang Prabamg — ville-vit­rine, charme organ­isé, mais le site est beau: l’an­cien quarti­er est bâti sur un promon­toire entre deux fleuves, le Mékong et la Nam Khan. Le cou­vre-feu est à minu­it. A une heure du matin, nous pédalons avec Jere­my et Abra­ham der­rière un lao­tien qui nous guide à moto vers une ban­lieue où il con­naît, dit-il, une dis­cothèque clandestine.