Trois coupures d’élec­tric­ité dans la soirée et l’eau de la machine à laver qui débor­de dans le salon. A l’é­tage, je pose des poêles à pét­role dans les cham­bres des enfants avant qu’il n’y mon­tent, je dors dans un sac de couchage. Et pen­dant ce temps, les réno­va­tions dimin­u­ent mon compte en banque sans aug­menter le confort.

Les drônes, le catch, la guerre pro­pre, pro­duc­tions du même tonneau.

Elle lui don­na ren­dez-vous au bout de la rue, mais à mesure qu’il s’éloignait et péné­trait dans la noir, il com­prit qu’elle venait de met­tre fin à leur ren­dez-vous et qu’il s’éloignait d’elle.

Ce que mes amis alter­nat­ifs ne peu­vent pas admet­tre, c’est que je lave ma voiture.

Com­ment se pren­dre au sérieux? L’ar­gent, oui, pour le plaisir, mais le pouvoir?

Dessin naïf d’un ruis­seau, tous les pois­sons nagent dans la même direction.

Encore des crépite­ments. Plus fort. Dans la cage d’escaliers. Qui sem­blent mon­ter à l’as­saut de la cham­bre. J’ou­vre la porte. Les flammes déposent des lueurs sur les cloi­sons. Peu après il pleut . La cloche de l’église sonne. Qua­tre coups au-dessus du lit humide.

Feuille frois­sée dans la cor­beille. Au milieu de la nuit. Qui se déplie. Je dresse l’or­eille. Ne sais pas ce que c’est. Je me ras­sure. Voilà que le bruit recom­mence. Ailleurs, pas que dans la cor­beille. Une sorte de crépite­ment. Je me dresse dans le lit. Par le hublot de la porte du bureau (où je dors) je vois les lueurs orangées du poêle. Je reni­fle. Odeurs habituelles: plâtre et fumée. En fin de compte, c’est le radi­a­teur. Il crépite.

Chez les Thaïs, dans le peu­ple, sen­ti­ment que la vie privée n’ex­iste pas. Les rap­ports ont lieu par et dans le tra­vail — lequel ne cesse ni ne commence.

Révoltes en Egypte. Les châines câblées d’in­for­ma­tion en con­tinu n’ont ni images ni infor­ma­tions. Cepen­dant, elles ne cessent d’in­former. Sur une chaîne on peut voir une image d’au­jour­d’hui avec un com­men­taire de la veille, sur l’autre une image de la veille avec un com­men­taire d’au­jour­d’hui. Simul­tané­ment, un ani­ma­teur déclare “au 13ème jour de la révolte”, un autre “au 14ème jour de la révolte”. Il faut ajouter les phras­es qui défi­lent sur le promp­teur placé en bas d’écran. Elles défi­lent sans ordre de sorte que des nou­velles anci­ennes précè­dent par­fois des nou­velle récentes, caus­es et con­séquences se trou­vant ain­si inversées.