Ecrire n’est pas une façon de vivre. C’est vivre d’une certaine façon. Le temps change de destination. On existe moins pour le concert amical et social, on creuse son abri et produit des couches. Les bruits du monde s’éloignent, deviennent plus proches, pénètrent le coeur.
Leçon d’espagnol avec les enfants. Le bonheur se lit sur leurs visages à l’apprentissage de la concentration. Ils se concentrent pour placer dans al phrase des mots et des verbes que je viens de leur apprendre et y parviennent. Pas de jeu pédagogique. Des règles, leur application, et constater que cela fonctionne.
Critiques généreuses et fouillées de bons lecteurs, des écrivains d’abord. On se sent à partie. J’ai les plus grands doutes sur la valeur d’ Ogrorog. Avant, comme après. Mais ces critiques me montent le moral. je les lis et je les remercie. J’ai cependant en regard quelque chose de lointain qui — j’ai compris ce que vous étiez, j’ai vu votre trace.
Ecrire met en dehors de soi, et plus on avance plus on prend de la distance. D’abord, on peut poser la main dans son dos, donner de petites tapes raisonnables, se diriger, et puis on est divague, le paysage s’allonge, se perd aux confins, on est seul. Et les autres sont là. Eux n’ont pas bougé. A qui on a plus rien à dire. La souffrance. Mais que faire? On marche. Dans al direction que trace les idées premières. On augmente la distance. Le problème grandit.