C’est bien tard que j’ai compris la nature femelle de la femme. D’ailleurs, il est incompréhensible. Le charme serait rompu et il n’y a nul signe qu’il se rompe. Auparavant je le voyais par moment comme on verrait en eau vive briller le dos d’un poisson qui se tourne.
Sur ma table de nuit un ours en peluche sorti d’un carton que mon frère remuait dans la ferme de famille et qu’il allait jeter. C’est, enfant, l’ours que j’ai gardé le plus longtemps avec moi. Il ne m’a pas été acheté, je l’ai reçu de ma grand-mère. Auparavant, il avait dû appartenir à mon père ou à mon oncle. Il est élimé, son museau a été déchiré et recousu. Je l’ai posé sur la table de nuit et il n’en a plus bougé. Un psychanalyste s’empresserait d’en tirer des conclusions ravies et si je lui disais que c’est le fait du hasard, il rétorquerait qu’une telle chose n’existe pas.
Alors me vient l’idée d’écrire pour les enfants un livre. De quoi il traiterait? Je l’ignore. En aucun cas de morale. De surcroît, il aurait une utilité relative, étant donné qu’ils ne le liraient qu’une fois adultes, propbablement à l’âge où l’on se met en tête d’écrire un livre pour ses enfants.
Le jour de la mort de Franco, un homme pris dans un groupe de badauds déclare au journaliste suisse Jacques Pilet avec fierté et vindicte: ici, c’est l’Espagne, vous autres européens, vous ne pouvez pas comprendre ce que ça veut dire. Il eut fallut en rester là plutôt que de promouvoir de fausses valeurs universalistes et noyer dans l’indifférence au seul profit des technocrates les particularités nationales.
La qualité de l’humour est en baisse. Toute une industrie s’entend à rabattre l’humour sur la pitrerie et la qualité de l’humour baisse. La nourriture a subi le même sort en Amérique. Plus de sucre, et le goût s’émousse. Les adultes mangent comme les enfants. Aujourd’hui les adultes rient comme les enfants. La subtilité déserte le rire comme elle a fui le goût.
L’action est le tombeau de l’esprit. Si l’on croit en Dieu, c’est d’accord, sinon qu’espère-t-on? Témoigner auprès des hommes de ces fulgurances qui saisissent l’esprit créateur afin de racheter nos souffrances ? Ou se servir des oeuvres pour pavé un chemin vers un nouveau monde? Mais voilà que revient Dieu…