A la télévision thaïlandaise, une série. L’acteur, jeune homme qui ignore les codes hollywoodien du genre, a le jeu lent et posé. De plus des transitions sont ménagées entre les scènes pour obtenir un effet dramatique ou pour se conformer aux moeurs locales. Quoiqu’il en soit, les images installent une atmosphère hypnotique. Or voici que l’acteur fixe soudain la caméra avec une telle confiance que j’ai le sentiment qu’il me regarde et va me parler.
Etres à l’arrêt
Ruang Rat road, en partie basse de Ranong, dans un décor de ville typique de la Thaïlande, mais somme toute proche du nôtre, avec son trafic insistant, ses piétons, ses magasins (et non pas boutiques) cette capacité, chez nous oubliée, qu’ont certains individus d’être à l’arrêt, debout appuyés contre un mur ou assis sur le perron, le regard fixant successivement les motifs qu’offre la rue, mais sans aucune velléité d’action et ceci pendant des heures, des jours.
Chumphon
A Chumphon, nous attendons le bus dans un garage aménagé en bureau, assis sur une banquette face à trois employés. L’un dort la tête dans les bras, un autre mange, le chauffeur guette la rue à la recherche d’autre voyageurs. Le bus est annoncé pour treize heures. Pour l’instant, nous sommes seuls. Quand la dame a fini son riz, elle explique:
- Nous partons à l’heure si nous avons cinq passagers. Quatre à quatorze heures, trois à quinze heures… Vous comprenez?
Je fais le calcul: si personne ne vient, nous partirons pour Ranong à seize heures, donc dans quatre heures.
Quelques minutes plus tard Gala se lève.
- Il va être l’heure, plus personne ne viendra, laissons-leur nos bagages et allons nous promener!
Je propose d’attendre un peu. Sage décision. Soudain le chauffeur saisit nos sacs et nous embarque, le bus dépasse le marché, prend l’avenue, un passager monte, il redémarre, plus loin il ramasse une mère et son nourrisson et en campagne un couple. Or aucun téléphone n’a sonné, aucun signal apparent n’a semblé contrecarrer la décision d’attendre.
Gourde
Dans les vestiaires du club de boxe, alors que nous bandons nos poignets, mon voisin étudie une publicité qui propose des articles de sport.
- Et ça, comment dit-on déjà?
- Bidon. Du moins en France. En Suisse, on dit gourde.
- Comment?
- Une gourde.
- Ah, oui, comme dans l’expression commettre une gourde.