On ne s’aperçoit de la réalité de l’existence des objets qui nous entourent qu’en les changeant de temps en temps de place, écrit Marcel Jouhandeau dans ses Journaliers VI. Par effet de concordance avec la vie immatérielle, voilà qui devrait nous instruire sur la prise du monde alentour qu’on à beau jeu de nommer confort.
Voie étroite
Je ne doute pas que l’exaltation du fond intime par la prière, l’ascèse, l’art, la solitude ne soit la seule voie de grandeur. Les démissions préalables sont nécessaires. Quant à savoir si cette voie étroite ouvre sur la grâce, je le crois, mais elle sera donnée et reprise et ainsi de suite, car pour ce qui est d’un fondement quelconque autorisant la permanence, je n’y crois pas — nous sommes seuls, la condition est tragique.
Intériorité
Que les mots rendent la pensée subtile en discernant des choses qui n’ont peut-être d’existence que verbale cela plaide en faveur de la richesse de l’esprit. Que ces choses existent ou n’existent pas, au sens des philosophes, est une autre question. Ce qui me paraît néanmoins essentiel, est que cette chose que l’on désigne par un vocabulaire nombreux mais qui n’est peut-être qu’une seule et même chose, l’intériorité, ne soit jamais aliénée. La perdre reviendrait à perdre notre accès au monde.