Baies de Huatulco

Au milieu de cinquante Mex­i­cains hilares, sur le pont d’un bateau d’ex­cur­sion qui affronte en musique, ce same­di, pen­dant qua­tre heures, de forts rouleaux. L’an­i­ma­teur joue du Karaoké, les familles accrochées au bastin­gage saut­ent en l’air au rythme des creux et hurlent, et chantent. Côté terre, des plages vierges, entre les deux des baleines grises.

Scène

Gosse de six ans qui men­ace d’une brique la horde de chiens qui rôde devant la bou­tique de famille.

Téléphonie

J’ig­no­rais que ces nou­veaux mod­èles étaient aus­si com­plex­es. Si j’avais su, j’au­rai lais­sé mon achat de Oax­a­ca dans sa boîte. J’au­rai tenu bon. Avec le précé­dent. Même humide, clig­no­tant, défectueux. Voilà trois jours qu’Ap­lo s’af­faire. Mes comptes sont bloqués.

Obsession

Tous les jours du Gua­camole. Du Gua­camole, encore du Guacamole.

Z.

Travis, le per­son­nage homo­sex­uel de mon livre Forde­troit, apprenant mon départ pour le Mex­ique a dit : “ma soeur vit à Zipo­lite”. J’ig­no­rais que cette plage se trou­vait à une encâblure de Puer­to Ángel. Nous y sommes allés ce soir. De vieux Améri­cains promè­nent leur sexe bagué en fix­ant l’hori­zon, des les­bi­ennes à cheveux bleus roulent des patins, les Mex­i­cains regar­dent ou imi­tent, “et cela, déclare notre chauf­feur, ce sont les pré­parat­ifs pour le fes­ti­val de la nudité”.

Puerto Ángel 2

Etrange sen­sa­tion à la pen­sée que l’Alle­mand chez qui j’ai logé en hamac pen­dant une semaine, avec l’écrivain O.T., il y a de cela quar­ante ans, l’Alle­mand qui venait de s’établir, pren­dre une épouse indi­enne et menait à bien le chantier de con­struc­tion de sa future la Guest house est mort depuis longtemps.

Puerto Ángel

Hôtel de bois enfoui dans les feuil­lages, poules, coqs, chiens, leur con­cert noc­turne, inter­minable et dès l’aube un per­ro­quet qui crie (mille fois): “Mama!”.

Deux temps

Trois jours que nous prenons le petit-déje­uner dans le même étab­lisse­ment du marché cou­vert. Main­tenant que nos sacs sont chargés dans le colec­ti­vo pour Puer­to Escon­di­do, que le chauf­feur démarre, le garçon du Zasayam appelle par télé­phone, explique que le pre­mier jour il a eu un prob­lème avec son ter­mi­nal, que la carte de crédit n’a pas fonc­tion­né, que ce serait bien si nous pou­vions pass­er le pay­er (il y a seule­ment dix min­utes, nous étions devant lui).

A la nuit

Aplo fasciné par un garçon de dix ans qui niché dans le creux d’un arbre fait ses devoirs à la lumière d’un réver­bère tan­dis que la fête bat son plein devant la cathé­drale avec un défilé des morts, des sec­tions de tam­bour, des Mari­achis et des feux d’artifice.

Oaxaca

Le long de la route en cré­mail­lère qui con­duit à Monte Alban, un pan­neau vante les ser­vices que pro­pose le bidonville accroché à la mon­tagne, entre autres : chaman­isme toltèque, dia­logue avec les anges, sexothérapie libre et cet extra­or­di­naire « réflex­ion T.V. ». Notre bus est bleu. Sans fenêtres. A bord quelques touristes européens et une famille mex­i­caine. La dernière fois que je suis venu sur le site zapotèque, j’avais dix-huit ans. L’écrivain O.T. arrivait de New-York, nous fai­sions escale à Oax­a­ca avant de rejoin­dre Puer­to Ángel sur le Paci­fique. C’est le même pro­gramme que j’ai choisi pour Aplo. Puis une descente en direc­tion du Guatemala. Du haut des pyra­mides, nous regar­dons la ville. Depuis quar­ante ans, elle n’a pas beau­coup changé. Tapis de con­struc­tion inachevées qui pointent leurs fers tor­dus vers le ciel. Chaos tran­quille. Image des aggloméra­tions mex­i­caines dès que l’on quitte les quartiers bâtis par les Espag­nols ou les pôles de com­merce inspirés des Etats-Unis. En soirée, bière et rhum dans une can­ti­na et achat d’un nou­veau portable (le mien clig­note et s’éteint, et se ral­lume). Au vendeur, je dis : « je vous le prends à con­di­tion que vous trans­fériez tout le con­tenu de mon ancien appareil ». Mal m’en prend : quelques heures après la manip­u­la­tion, mes comptes son inac­ces­si­bles, mes pho­tos tombées dans un trou noir, mes codes volatil­isés enfin je m’aperçois que le vendeur, dis­trait, à gardé mon char­i­ot de cartes SIM.